Flaming Lips : 25 ans, toujours puceau

Toujours aussi excentrique, Flaming Lips tutoie une fois de plus l’excellence avec « Oczy Mlody », un nouvel album aussi flamboyant que planant. Mais cette impression diffuse de ne pas savoir qui sont vraiment ces gentils foufous de la pop américaine persiste. Portrait.

L’art du pastiche. Écrire un article sur la carrière des Flaming Lips, c’est comme écrire quelque chose sur l’infinité de l’univers : on pourrait utiliser tous les superlatifs de la grammaire française pour la décrire, aucun ne sera jamais suffisant pour qualifier la puissance et la magie de cet immense bazar. On y trouve aussi bien des albums de psychédélisme démesuré (« The Flaming Lips And Heady Fwends » en 2012, « The Terror » en 2013) que des B.O. cartoonesques (notamment pour Bob l’éponge, le film) ou des reprises zinzins des plus grands classiques de la pop music (« With a Little Help From My Fwends » inspiré des Beatles ou « Flaming Side Of The Moon » des Pink Floyd). Un peu comme si ces cinglés de l’Amérique moderne souhaitaient se lier volontairement à l’entertainment pour mieux en transgresser les codes.

« [À nos débuts] nous n’avions aucune expertise musicale mais beaucoup d’enthousiasme et de raisons de vouloir en découdre. » (Wayne Coyne)

Joujou à un million d’exemplaires. C’est d’ailleurs lorsqu’ils enfilent leur costume de saboteurs géniaux que les Flaming Lips, formés au début des années 1980 dans l’Oklahoma, interpellent le plus. Et ça, Wayne Coyne, leur leader, en a pleinement conscience, lui qui avouait à ses débuts n’être capable que de reproduire « les côtés les plus amateurs du punk-rock » : « Nous n’avions aucune expertise musicale mais beaucoup d’enthousiasme et de raisons de vouloir en découdre. » Depuis, les mecs ont connu le succès commercial (« Yoshimi Battles the Pink Robots », vendu à plus d’un million d’exemplaires en 2002) et des collaborations prestigieuses (Bon Iver, Nick Cave, Tame Impala, notamment). Leur volonté de tout déconstruire, de perpétuellement surprendre, elle, n’a pas changé.

Des morceaux de six heures. C’était le cas lorsqu’ils ont utilisé un crâne comme support à un de leurs titres. Ça l’a été lorsqu’ils ont enregistré I Found This Star On the Ground, un titre long de six heures. Ça l’a été, enfin, lorsqu’ils ont collaboré avec Miley Cyrus sur « Miley Cyrus & Her Dead Petz », un disque publié gratuitement fin août 2015. C’était cool, comme à peu près tout ce que fait Flaming Lips, mais la façon de procéder montrait que Wayne Coyne et ses sbires évoluaient déjà vers d’autres sphères.

Des concerts à poil. À croire que, comme dans une bonne vieille émission du Juste Prix, les membres de Flaming Lips prennent un malin plaisir à toujours renchérir, quitte à flirter à plusieurs reprises avec l’une des artistes les plus mainstream de ces dernières années et à se présenter en concert à ses côtés entièrement nus. Comme ça, juste histoire de se faire plaisir et de transformer ce que beaucoup considéraient comme une concession faite aux hautes instances de l’industrie musicale en happening subversif complètement fou.

L’amour du risque. « Folie ». À chaque fois, le mot revient lorsqu’il s’agit d’évoquer les Flaming Lips. Et ce n’est pas « Oczy Mlody », leur dernier projet, qui risque de changer la donne. Du titre des morceaux (One Night While Hunting for Faeries and Witches and Wizards et Listening to the Frogs With Demon Eyes, aussi surréalistes qu’incompréhensibles) à la production foldingue de leur plus fidèle collaborateur (Dave Fridmann, présent depuis 1999), le groupe confirme que leur œuvre a toujours été occupée par une fantaisie, un esprit joueur et une obsession pour les mélodies qui rêvent de psychédélisme. Sans jamais regarder dans le rétroviseur.

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