Ghostwriting, la face cachée de Jay Z

Jay Z est un business à lui tout seul, quitte à se faire rémunérer très cher pour écrire les textes d'autres rappeurs. Petit florilège de ses meilleurs écrits clandestins.

Un secret de polichinelle. Dans le magazine Vibe, Jay Z révélait : « On me donne beaucoup d’argent pour ne pas dire pour qui j’écris. » Cette pratique correspond à ce qu’on appelle le ghostwriting et Jay Z en est un des maîtres de l’autre côté de l’Atlantique. Écrire pour un autre sans être crédité pour le boulot effectué est rentré dans les mœurs du hip-hop depuis les premiers jours du genre et les premiers singles commercialisés. Un secret de polichinelle en somme. Le pire étant que la pratique est loin, très loin d’être rare. Et qu’elle touche des hits du hip-hop planétaires. Jay Z a notamment coécrit le texte de Still D.R.E. de Dr. Dre, titre phare de l’album « 2001 ».

Foxy Brown, la protégée. Désolé si on vient de vous casser le mythe de Still D.R.E. Mais il faut se faire une raison : Jay Z est un habitué de la chose. Il a ainsi écrit de multiples textes pour Foxy Brown, notamment les hits Get Me Home, Foxy’s Bell, I’ll Be, Big Bad Mama, Hot Spot, JOB… Bref, tous ses tubes. Les deux artistes se rencontrés dès 1996, alors que Foxy était invitée à 17 ans par le rappeur à poser sur son titre Ain’t No Nigga. L’amitié dure toujours, le ghostwriting aussi d’ailleurs.

Deux ghostwriters à la fois. Dr. Dre a fait plusieurs fois appel à Jay Z pour écrire clandestinement ses textes, comme sur l’album « 2001 ». Parfois, parce que c’est Dr. Dre et que le type pèse quand même un peu dans le game, il fait même appel à deux ghostwriters en même temps. Pour le titre The Watcher, par exemple, les textes sont assurés par Jay Z, donc, mais aussi par Rakim, MC du duo mythique Eric B. & Rakim, considéré comme l’un des meilleurs paroliers du hip-hop.

De Puff Daddy à Snoop Dogg. La liste des titres écrits en loucedé par Jay Z est longue. Mentionnons Big Momma Thang (1996) de Lil’ Kim, Hypnotize (1997) de Notorious B.I.G., Money Ain’t A Thang (1998) de Jermaine Dupri, Fake Thug Dedication (1999) de Puff Daddy, All Types of Shit (2000) de Memphis Bleek, Intrology (2006) de Snoop Dogg, I Ain’t Heard Of That (2008) de Slim Thug… Parfois, Jay Z se permet aussi d’inviter un artiste en featuring sur un de ses titres tout en lui ayant écrit tout le texte. C’est ce qu’il s’est passé pour Memphis Bleek lorsqu’il est venu poser sur Coming Of Age en 1996, issu de l’album « Reasonable Doubt ». Il n’a révélé le pot aux roses que dix-huit ans plus tard.

Une pratique désinhibée. Si en France le ghostwriting semble définitivement tabou, aux USA, ça fait partie du jeu. Il existe même un site, Rap Rebirth, qui propose d’écrire un texte en moins de 48 heures contre une somme allant de 30 000 à 100 000 dollars, voilà un bon filon. Si l’on ne connaît que la part immergée, le reste du glaçon est gigantesque. Le mythe du poète de la rue en prend un coup.

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