DJ Khaled vs Calvin Harris : qui a le plus gros feat ?

  • À la course au trône de la pop, il n’y a plus de limites aux moyens déployés. DJ Khaled et Calvin Harris rivalisent sur leurs récents albums de featurings plus massifs les uns que les autres… On fait les comptes pour savoir qui plie le game.

    Round 1 : le 20ème siècle. Petit retour en arrière. Au temps de jadis naguère, le featuring, a.k.a l’invitation faite par un artiste à un autre à venir pousser un couplet ou un bout de refrain, en était encore à ses débuts rusés et artisanaux. Le but était de profiter de la popularité d’une star, genre : « Wow ! T’as vu que Nas a invité NTM ?! » Et back in 96, ce Saint-Denis Style Remix d’Affirmative Action était un gros coup pour NTM. Ok, que les deux artistes soient alors chez Columbia/Sony était évidemment à l’origine du deal. Se murmurait même que, déjà à l’époque, chacun avait enregistré sa partie sans se croiser, ce qui est devenu la norme avec internet (oui, parce qu’en 1996, pas moyen de s’envoyer des .wav par modem 56k).

    Tout ça se passait donc majoritairement entre petits camarades de maison de disque ou en piochant dans son propre crew. Tous les membres du Wu-Tang apparaissaient par exemple sur les projets solo les uns des autres, multipliant les licences avec l’habileté d’un joueur d’échec. Les gars étaient neuf, une bague à chaque doigt, un doigt dans chaque label !

    Donc, oui, le featuring est dès l’origine un stratagème commercial déguisé en collaboration artistique, souvent pour le meilleur, les rappeurs étant dès le début les businessmen les plus décomplexés du showbiz.

    Round 02 : 2017 babyAujourd’hui, les rappeurs dominent le monde et un blockbuster qui se respecte ne compte plus qu’un ou deux titres sans featurings, au pluriel, car rien n’empêche d’inviter trois ou quatre stars par morceau. Quand il s’agit d’albums de producteurs comme les deux qui nous intéressent, c’est featurings à tous les étages.

    Et comme la musique aussi se dégenre, c’est Calvin Harris, le DJ de house puis d’EDM le mieux payé du monde, qui se tire la bourre avec DJ Khaled, le producteur le plus fat du moment (mais si, le gros barbu qui ne sort jamais sans son fils Asahd).

    À ma gauche donc, le « Funk Wav Bounces Vol.1 » de Calvin harris, 10 morceaux, 21 featurings, parmi lesquels Frank Ocean, Migos, Pharrell, Future, Snoop Dogg, Katy Perry, John Legend, Young Thug…

    À ma droite, le « Grateful » de DJ Khaled, 22 morceaux, 30 featurings, parmi lesquels, outre son fils Asahd en intro, JAY Z, Beyoncé, Justin Bieber, Rick Ross, Chance The Rapper, Future, Migos, les old timer Nas, Fat Joe et Raekwon (Wu-Tang fait de la résistance !), bref tout le showbiz US ! Ne manquent plus que Kanye, The Weeknd et Daft Punk.

    Soit Calvin Harris sort un Vol.2 fissa, soit c’est la déculottée. « Grateful » a d’ailleurs atteint la n°1 du top Billboard dès sa sortie. Mais si on y regarde de plus près, Harris et Khaled se partagent 7 featurings en commun sur leurs deux albums : Migos, Future, PARTYNEXTDOOR, Young Thug, Travis Scott, Nicki Minaj et Big Sean. Plus fort encore, Calvin Harris est invité sur le Don’t Quit de DJ Khaled ! Les pros du feat sont d’ailleurs de la fête, Migos, Quavo, Snoop ou Pusha T apparaissant sur les albums d’absolument tout le monde ces temps-ci.

    Maintenant qu’on sait que les tubes se construisent dans des camps de vacances de luxe pour artistes, on s’imagine plus facilement que nos deux démiurges se sont organisés un petit match amical en deux équipes pour se détendre du dur labeur. Et ça, c’est aussi les joies du coworking. Forcément, quand Justin Bieber a vu à quoi ressemblait l’open space, il a immédiatement demandé un joint venture, pardon, un featuring.

    Conclusion, on croyait que Calvin Harris et DJ Khaled rivalisaient, alors qu’en fait non : ils ont simplement réalisé une OPA sur la pop.

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