GoGo Penguin est-il vraiment le "Radiohead du jazz" ?

Ils sont anglais, blancs comme un linge mais contrairement à la bande de Thom Yorke (qui vient d'Oxford), eux sont de Manchester. Tout cela n'empêche pas de penser très fort à Radiohead en écoutant le troisième album chez Blue Note de GoGo Penguin, fraichement sorti le vendredi 12 juin.

 “J’ai passé plus de temps sur mon ordinateur que sur ma batterie, au final.” Voilà le genre de phrases auxquelles on n'est pas habitué quand il est question d'un groupe de jazz. On la doit à Rob Turner, le batteur de GoGo Penguin, et c'est un bon résumé de ce qui vous attend sur le troisième album éponyme des Anglais. Pour résumer : une espèce de jazz mutant où les parties de basse font immédiatement penser à celles du Radiohead période "Kid A", et celles de piano aux envolées clignotantes de Thom Yorke derrière son clavier. 

Si on se laisse aller à cette comparaison, c'est parce qu'elle illustre bien le besoin de métamorphose des groupes de jazz des années 2020. Un siècle quasi après les débuts de ce genre musical qu'on croyait mort, une partie de la scène semble enfin délestée du poids des anciens (Duke Ellington, Miles Davis, Coltrane, etc). Cinquante ans ou plus sont passés depuis leur règne, et des groupes comme GoGo Penguin paraissent aujourd'hui prêts au brassage culturel. En résulte des titres qui évitent le ronflement et où l'on pense pas mal à Esbjörn Svensson Trio (EST), Francesco Tristano et même Tigran Hamasyan, le petit prodige arménien. 

Avec cet album simple (et moins cliché que les musiques de la série The Eddy sur Netflix), GoGo Penguin prouve non seulement qu'on peut être anglais et encore avoir des choses à dire (c'est de moins en moins le cas, hormis pour la scène rap et grime) et que le croisement entre jazz, électronique et ambient est un bon point de chute. Évidemment instrumental, "GoGo Penguin" sait au moins éviter les jérémiades qui ont pu éloigner une partie des fans de Radiohead, et s'avère donc un bon compromis entre jazz et pop. 

À noter qu'un autre groupe de jazz s'est déjà frotté encore plus directement à Radiohead ; c'était l'Amnesiac Quartet. Et tout était, pour paraphraser le chanteur épileptique, à la bonne place

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