Dis Giorgio, t’as fait quoi dans les années 90 ?

Avant d'être déterré par Daft Punk, le pape de la disco a connu une longue traversée du désert. Et que faisait-il dans les années 1990 ? On a été lui poser la question.

Après avoir révolutionné la dance music avec I Feel Love et Love To Love You Baby, le mentor des Daft Punk disparaît des radars dans les années 1990, alors que les musiques électroniques explosent les compteurs. Retraite anticipée ou repli créatif ? On a été demander au Parrain du disco ce qu’il avait bien pu faire pendant ses lost years.

Hello Giorgio. Bon alors, vous avez fait quoi dans les années 1990 ?

Giorgio Moroder : Pas beaucoup de musique… Mais plein d’autres choses. Par exemple, j’ai construit une voiture très exotique avec un ami, Claudio Zampolli. Elle s’appelait la Cizeta-Moroder. C’est une voiture superbe, 16 cylindres, 560 chevaux. Elle a été construite à Modène, près de Maranello où se trouve l’usine Ferrari, avec de très bons ingénieurs qui ont travaillé avec Ferrari, puis Lamborghini avant de devenir indépendants. Ils ont conçu le moteur 16 cylindres. On en a vendu sept ou huit, puis la crise économique est arrivée dans les années 1990 et nous avons dû fermer. Je possède toujours le prototype et le Sultan de Brunei en a deux. Peut-être qu’un jour je lui en rachèterai une !

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Ce silence était-il dû à l’envie de prendre du recul ?

J’étais probablement absent dans la musique électronique des années 1990 car j’en avais déjà tellement fait… Mais je ne suis pas resté inactif. Par exemple, j’ai fait un film basé sur la photographie. La musique était déjà prête et j’ai raconté l’histoire des photographies à partir d’un script. Je l’ai présenté dans de nombreux festivals et j’ai gagné un prix à Palm Springs, en Californie. C’était très intéressant et ça a représenté beaucoup de travail. J’ai appris à me servir de Photoshop, comment monter un film… Qu’ai-je fait d’autre… J’ai beaucoup joué au golf et j’ai fait un film pour la télévision allemande uniquement basé sur la musique et des images de politique, de sport… C’était aussi un travail important. Puis j’ai beaucoup travaillé sur les images virtuelles et la photographie. J’ai fait des shows à Londres, à Milan, à Munich et quoi d’autre ? Ah bah, en fait, je crois que c’est tout.

Pas une seule note de musique donc ? Complet sevrage ?

Si, j’ai quand même fait une chanson avec Donna Summer dans les années 1990, Carry On, pour laquelle j’ai eu un Grammy. Et puis aussi j’ai fait un film avec Leni Riefenstahl [l’une des principales responsables de la propagande cinématographique du nazisme en Allemagne, puis soutenue par Jean Cocteau et finalement acquittée après la guerre, NDR]. Elle avait fait des films magnifiques sur la plongée sous-marine et quand elle m’a appelé, elle devait avoir 93 ou 94 ans et elle m’a dit : « Monsieur Moroder, seriez-vous intéressé par mon film ? » Elle m’a envoyé une vidéo et j’ai adoré. Je l’ai donc fait. Il est beaucoup passé à la télévision, en France aussi.

La légende raconte que vous avez failli composer la B.O. de Rambo III mais que ça ne s’est pas fait à cause de Bob Dylan. Info ou intox ?

Vrai ! Sylvester Stallone m’avait demandé d’écrire quelque chose pour Bob Dylan pour le générique de fin de Rambo III. Et c’est comme ça que je me suis retrouvé dans sa maison de Malibu, qui était absolument incroyable. Tout était en bois. J’ai fait écouter le morceau plusieurs fois à Dylan et il ne me disait ni oui, ni non, juste qu’il allait me rappeler le lendemain. Puis il m’a rappelé pour me dire qu’il n’allait malheureusement pas pouvoir le faire. Je n’ai jamais vraiment su pourquoi. Peut-être qu’il n’aimait pas la chanson, le film, ou qu’il ne voulait pas être impliqué dans un film si controversé…

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