Toutes les choses à savoir sur le docu de Todd Haynes sur le Velvet Underground

C’est avec une certaine impatience et une évidente jalousie que l’on découvre le documentaire du génial Todd Haynes, présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2021. Impatience, car on a hâte de pouvoir le regarder à nouveau. Jalousie, car on se dit que, oui, définitivement, le Velvet Underground fait partie de ces groupes qui nous font dire : « On aurait aimé être là ».

La comédie musicale Annette en ouverture de la Quinzaine, Charlotte Gainsbourg à l’origine d’un documentaire sur Jane Birkin, un biopic sur Céline Dion, Spike Lee en président du Jury : il faut croire que la 74ème édition du Festival de Cannes ait été placé sous le signe de la mélodie. Et pas simplement celle qui accompagne, sublime ou intensifie un film. Le Velvet Underground, par exemple, en dépit de quelques affiliations avec le milieu artistique (Warhol, Jonas Mekas, etc.), n'a jamais composé pour le cinéma : ça n'empêche pas les Américains d'avoir su mettre en son tout un univers, un monde fantasmé, peuplé de dealers (I'm Waiting For The Man), de rues sordides ou de bars glauques flanqués de cette fameuse trinité sur la devanture, « sex, drug & rock’n’roll ».

En clair, tout est là, prêt à être mis en images, sans nécessité de s'abandonner à la fiction. Car, là où Todd Haynes avait fantasmé le destin de Bob Dylan (I'm Not There) ou la démesure du glam rock (Velvet Godmine), son nouveau documentaire, consacré à la bande de Lou Reed, se veut au plus près du réel. On y découvre de nombreuses archives, on y entend les témoignages de quelques compagnons de route (Jonas Mekas, La Monte Young, Jonathan Richman, notamment), on aperçoit les différents membres du groupe dans leur jeunesse. Surtout, on se dit que le réalisateur californien a dû abattre un boulot monstre pour compiler au sein d'un même projet 2h30 d'images d'archives, 600 heures de rush et 8000 photographies.

Sur le fond, la volonté de The Velvet Underground est très classique : il s'agit ici de raconter la naissance du groupe à la banane, de la jeunesse de Lou Reed et John Cale à la rencontre avec Warhol, en passant par toutes ces répétitions et toutes ces nuits passées sous Heroin. Là où le documentaire fascine, c'est sur la forme, volontiers expérimentale, comme pour coller à l'avant-gardisme d'un groupe incompris par le grand public à ses débuts.

« J'ai voulu mettre l’accent sur le lieu et l’époque pour nous faire ressentir ce que vivaient les gens au début des années 70 », a déclaré Todd Haynes lors de la conférence de presse. Un choix judicieux quand on sait que le Velvet incarnait par-dessus tout un mode de vie, le symbole d'une communauté d'artistes en quête de transgressions, d'expériences et d'inédits, à l'opposée du Flower Power des Hippies et toujours très hostile envers les catégories bien figées. Dans le documentaire, une personne définit d'ailleurs la musique du Velvet comme un parfait mélange entre le Rhythm and Blues et les symphonies de Richard Wagner. Il faudrait bien sûr citer un tas d’autres références pour parvenir à définir pleinement cette musique, mais ce témoignage en dit déjà long sur le fantasme que génère encore aujourd’hui les New-Yorkais.

« The Velvet Underground » sera disponible sur Apple TV+ le 15 octobre prochain. Et pour suivre le festival de Cannes 2021, c'est sur sur CANAL+, partenaire officiel du Festival du Film de Cannes du 6 au 17 juillet 2021.

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