"Terrain", une série-docu CANAL+ pour rentrer dans l’intimité des quartiers des rappeurs

Diffusés sur CANAL+, les quatre épisodes de cette série-documentaire, réalisée par Céline M'Sili, visent à proposer une vision réaliste des quartiers, racontés ici par des rappeurs de haut standing : de Ninho à Niska, en passant par Jul, Ärsenik et DA Uzi.

S’il pourrait paraître injuste de continuer en 2021 à limiter le rap aux banlieues, cette musique ayant accueilli ces dernières années différents artistes issus de bien d'autres milieux sociaux, le quartier reste central au sein des textes des rappeurs. À bien des égards, il constitue même une inépuisable source de fantasmes, de légendes et de punchlines. « Tu peux quitter le quartier, mais le quartier ne te quitte pas », rappait ainsi Karlito en 2001 sur First.

C'est probablement ce genre de position qui ont incité la réalisatrice Céline M'Sili, seule avec sa caméra, à aller à la rencontre de différents rappeurs (Jul, Ninho, Niska, DA Uzi, Soso Maness, Isha et même Marwa Loud ou les vétérans Ärsenik). Avec, en tête, l'idée de raconter leur quartier, « ce qu'il amène, en bien et en mal, sans angélisme, sans fantasmes, sans tabous. »

  • Tout l'intérêt de Terrain se trouve en effet dans son refus du sensationnel, de la narration trop appuyée. Ici, les quatre épisodes de 26 minutes ont été construits sans voix-off, ni artifices, comme pour renforcer la sincérité et la brutalité des propos tenus par les différents intervenants. « Le terrain devient le point de départ de la narration, explique Céline M'Sili. Les rappeurs sont donc les meilleures porte-parole pour le raconter. Seule face à eux, ils se sont livrés à cœur ouvert. Je suis allée au plus profond du quartier, dans des endroits où souvent les caméras ne s'aventurent pas. »

    De Paris à Marseille, en passant par Bruxelles ou une prison à Namur, les protagonistes de cette série-documentaire s'éloignent ainsi de l'interview promo et des confessions faites aux journalistes pour raconter la réalité d'un monde, certes parfois sombre et sans issue, mais également porteur d'espoir. À condition, selon Niska, d'en parler pour les bonnes raisons : « L'évolution du quartier, elle est en fonction des réussites qu'il y a. Plus il y en a, plus ça motive. Ça aide beaucoup de gens à croire en eux. »

    À voir dès le 18 septembre à 23h20 sur CANAL+. Disponible en intégralité dès le 18 septembre sur myCANAL.