Les DJs polluent plus que les autres musiciens, selon un rapport

Un document publié par Clean Scene, un collectif qui explore les futures alternatives pour la dance music, avance des chiffres alarmants concernant les 1000 DJs les plus populaires en 2019, et incite à trouver des nouveaux modèles pour réduire les émissions de CO2 liées aux modes de vie et de travail des artistes de cette scène.

« Last night, the DJ took a flight ». Cette phrase est l’accroche d’un nouveau rapport publié le 30 mars par le collectif Clean Scene sur l’empreinte carbone des 1000 DJs les plus populaires en 2019. Dans le but de mieux comprendre l’impact de ces artistes sur l’environnement, et trouver des alternatives pour moins polluer, ce collectif a publié un document de 20 pages afin de cerner les enjeux, d’évoquer les problèmes et d'essayer d'y remédier.

On apprend donc qu’en 2019, avant la crise de la Covid-19 qui a stoppé l’industrie musicale dans son élan, ces 1000 DJs ont pris 51 000 vols en 1 an. Cela représente 117 000 000 kilomètres parcourus, soit 35 000 0000 kilos de CO2 émis, l’équivalent de la consommation en électricité de 20 000 maisons sur une année. 

Un DJ, souvent obligé de voyager dans le cadre de son travail, émet 35 tonnes de CO2 par an tandis que les recommandations fixées par le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) sont à 2 tonnes par personne. C’est donc 17 fois plus qu’il ne faudrait pour avoir un réel impact sur l’environnement. Mais la limite des 2 tonnes de CO2 par personne est encore loin d’être une réalité. Par exemple en France en 2018, l’empreinte carbone des Français était de 11 tonnes de CO2 par habitant. En moyenne, ces DJs ont chacun parcouru 118 618 kilomètres sur l’année 2019. C’est deux fois plus que les voyageurs les plus fréquents (le rapport estime qu’un passager devient un voyageur fréquent quand il réalise au moins 56 000 kilomètres dans une année). 

Maintenant que les chiffres sont présentés, le collectif espère avancer dans une direction plus saine pour la planète. À travers ce rapport, il détaille une feuille de route des aspects à améliorer et des engagements à prendre. Parmi eux, l’idée pour les organisateurs ou les structures de définir cartes sur table ses ambitions en terme d’émissions de CO2. Clean Scene veut aussi inciter les organisateurs et les bookers à programmer des artistes locaux. Il faudrait aussi repenser les clauses d’exclusivité qui empêchent souvent un artiste de faire plusieurs salles ou clubs dans une même ville et établir de meilleures organisations de tournées pour maximiser les déplacements (on évite le mardi à Berlin et le mercredi à Ibiza pour finir le vendredi à Athènes par exemple) et choisir le train quand l'option est possible.

Il s’agit là de recommandations émises par le collectif, à débattre et à discuter, mais qui pourraient à l’avenir aider le secteur à devenir plus durable. Surtout que les artistes comme les professionnels du secteur sont souvent amenés à se déplacer. 

Des grands noms de la musique, allant de Billie Eilish à Coldplay en passant par Massive Attack sont déjà engagés en faveur de l’environnement. Mais il s’agit d’un sujet qui nous concerne tous. Et dont l’industrie doit s’emparer pour avancer sereinement. 

Le rapport complet est à lire ici.

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