Quels sont les 10 meilleurs albums sortis en 1971 ?

Les disques qui suivent ont trois points communs : ils ont tous été publiés en 1971, restent largement écoutables 50 ans plus tard et se retrouvent dans toute discothèque qui se respecte. On fait le point sur ces dix monolithes sortis de terre comme par magie.

Serge Gainsbourg  - "Histoire de Melody Nelson"

Souvent copié (Portishead, Beck), jamais égalé, le concept-album de Serge Gainsbourg qui mettra presque 10 ans à atteindre les 100 000 ventes reste un masterpiece de classe mondial, réhabilité par des Français (Air, notamment) dès la fin des années 90. Précurseur du son trip hop avec sa basse largement mise en avant, le disque qui voit Birkin poser, enceinte, est annonciateur du style Gainsbourg, à base de talkover et de bases instrumentales plongeant l'auditeur.trice dans un univers servi par des clips surréalistes du réalisateur Jean-Christophe Averty. 

The Doors - "L.A. Woman"

A bout de souffle, bouffi, bouffé par l'alcool, Jim Morrison poussse un dernier râle sur le dernier album des Californiens, et c'est superbe. Capté en partie avec son chanteur beuglant depuis les toilettes du studio, l'album contient tout l'amour de Big Jim pour le blues, mais sans jamais placer les claviers de Ray Manzarek à l'arrière. Moralité, des chefs d'oeuvres comme Love her madly, The Changeling et surtout Riders on the storm et son intro tout en notes imitant la pluie sur un fender Rhodes ont très bien passé le temps, tout en faisant de "L.A. Woman" le plus beau des testaments pour Mr. Mojo Risin.

The Rolling Stones - Sticky Fingers

Est-on là en présence du meilleur album des Stones ? Voilà quelques semaines, nous nous posions la question, et celle-ci n'est toujours pas répondue comme disait l'autre. Le fait est que "Sticky Fingers" contient parmi les hymnes les plus populaires du groupe anglais; ceux que Mick & Keith continuent encore d'user, 50 ans plus tard, dans tous les stades. Brown Sugar, Bitch, Can't your hear me knocking, Sister Morphine... un disque aux allures de best of, et qui sent très fort le Jack Daniels. 1971, une très bonne année pour le foi de Keith Richards.  

Can - Tago Mago

Combien d'exemplaires de cet album seraient écoulés en 2021 ? 500, 1000 ? Dur à dire, mais toujours est-il que le deuxième album des Allemands du groupe Can conserve 5 décennies plus tard son aura brumeuse, magique et pour ainsi dire, indescriptible. Capté dans un chateau fantomatique près de Cologne, produit par le groupe à grands coups de cutter dans les bandes magnétiques et mis en scène par le japonais Damo Suzuki dont la particularité était de chanter dans une langue inconnue, "Tago Mago" a définitivement influencé plusieurs générations de musiciens, parmi lesquels James Murphy, Bobby Gillespie (Primal Scream), John Lydon (Sex Pistols, PiL) et à peu près n'importe quelle personne traumatisée par le Velvet Underground, à qui Can fait écho inconsciemment. 

Pink Floyd - "Meddle"

Peut-être moins connu du grand public - du moins celui n'étant pas né en 1971 - le sixième album des Anglais enregistré en partie à Abbey Road est à l'image de la pochette : il expérimente, teste, continue de défricher de nouveaux chemins, à l'image du titre d'ouverture One of these days qui reste une sorte de longue descente pré-techno avec sa partie de basse à jouer dans tous les festivals de dub. Au cas où cela vous intéresse, l'étrange pochette imaginée par le collectif Hipgnosis représente une oreille sous l'eau. A peu près l'impression vécue par n'importe quelle personne découvrant ce disque majeur cinquante ans plus tard. 

Led Zeppelin - Led Zeppelin IV

"Quoi, no Stairway?". Oui, comme dans le film Wayne's world, difficile de passer à coté du quatrième album des Anglais (encore eux) de Led Zeppelin tant Stairway to heaven est devenu un titre emblématique des années 70. Mais c'est un peu vite oublié qu'on trouve également sur ce disque Black Dog, Rock and Roll ou encore Going to California; soit autant de titres pas vraiment portés sur l'auto-tune et où Robert Plant repousse toutes les limites vocales pendant que Page s'use le bout des doigts sur des riffs passés à la postérités. Difficile, en tant que rockeur, de passer après ça. 

John Lennon - Imagine

Oui, on a presque tout écrit sur le deuxième album solo de Lennon et son insupportable tube éponyme qui a fait trois fois le tour de la planète. N'en reste pas moins que "Imagine" contient de vrais moments de rock gorgé de rancoeur contre McCartney, à commencer par les titres Crippled Inside et How do you Sleep ?, où Lennon prouve qu'il n'est jamais aussi bon que lorsqu'il clashe comme les rappeurs. "La seule chose que tu aies faite, c'est le titre Yesterday" crie-t-il à son ancien pote des Beatles, et l'on aurait presque envie de lui répondre que son album "Imagine" est presque ce que lui a fait de mieux (hormis le titre-éponyme, évidemment).   

Marvin Gaye - "What's Going On"

Tiens, qu'est-ce qui se passe ? En 1971, Marvin Gaye ne va pas très bien (et ce n'est que le début). Sa partenaire Tammi Terrell est morte un an plus tôt d'un cancer du cerveau et Marvin, vraiment pas gai, réfléchit à tout plaquer pour sérieusement se mettre au football américain. A la place, il signe chez Tamla Motown un album qui va se vendre à 2 millions de copies en un an seulement. Six ans plus tard, un autre down (son divorce) lui permettra d'écrire un autre album magnifique : "Here my dear", littéralement offert aux avocats de son ex compagne. Sympa, le Marvin. 

The Who - Who's Next

Dans l'histoire du rock, il y a deux écoles : celles et ceux considérant que le meilleur album des Who est le premier ("My generation") et les autres, pour qui "Who's next" est le vrai sommet. On serait bien mal avisé de trancher, mais ce sixième album avec sa pochette à la Stanley Kubrick sait alterner de grands moments de prog rock à clavier (Won't get fooled again), des ballades à pleurer (Behind blue eyes) et des tubes écrits en hommage à un pape de l'underground néo-contemporain (Terry Riley, dont il est question sur Baba O'Riley). Bilan des courses : le seul album des Who qui deviendra n°1 en Angleterre. 

Miles Davis -  Live Evil

Outre sa discographie studio déjà pléthorique, le Dieu du jazz a également accouché d'albums lives complètement délirants donnant une bonne idée de la consommation de drogues de Davis au début des années 70. Fasciné par Jimi Hendrix (les deux réfléchiront à enregistrer ensemble, mais la mort du guitariste en décidera autrement), Miles enregistre tout au long de l'année 1970 une série de shows avec le meilleur des backing-bands (Wayne Shorter, Chick Corea, John McLaughlin, Jack DeJohnette, etc) et ces jams furieux se retrouvent sur "Live Evil", un album qu'on vous déconseille fortement si vous sortez de cure de désintoxication, et où le Maître mixe les ambiances : afro, rock, psyché, parfois sur plus de 20 minutes par titre, parfois même en laissant tourner le groupe comme on écouterait le moteur d'une voiture vrombir, sans rien dire. Superbe. Et à des années-lumière de "So what". 

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