Organiser un concert illégal en plein Covid : oui, mais à quel prix ?

La rave party organisée en Bretagne lors du 31 décembre est venue rappeler deux faits essentiels : le désir toujours plus vif de se rassembler, mais aussi les risques que cela engendre d’un point de vue juridique et sanitaire.

Kiss à Dubaï, Gorillaz à Londres, David Guetta au Louvre ou encore Jean-Michel Jarre dans une reconstitution virtuelle de Notre-Dame : il faut croire que les derniers évènements livestreams ne suffisent pas à combler les mélomanes, clairement en manque de concerts et autres festivals ces derniers mois. La preuve en est avec la rave party qui s'est déroulée à Lieuron, au sud de Rennes, à l'occasion du nouvel an, réunissant 2400 personnes au détriment du couvre-feu et des règles sanitaires actuellement en vigueur.

Seulement, est-ce vraiment prudent de mettre en place de tels évènements alors que l’on tente de se sortir le plus rapidement possible d’une pandémie mondiale ? Peut-on décemment se priver plus longtemps de ces rassemblements festifs ? Le mieux n’est-il pas d’autoriser la tenue de telles soirées afin d’éviter qu’elles se déroulent en toute illégalité ? Une dernière option qui, au passage, éviterait les risques pris par les organisateurs - rappelons qu'un des instigateurs présumés de la rave de Lieuron a été mis en examen le lundi 4 janvier pour « organisation illicite de cette manifestation », « mise en danger de la vie d'autrui » ou encore « tenue illicite d'un débit de boisson ».

Dans les faits, les Français ne sont pas les seuls à flirter avec la légalité dans l'idée de renouer avec des ambiances festives : près de Barcelone, 300 personnes se sont réunies pendant plus de 40 heures lors de la Saint-Sylvestre, tandis qu'une rave s'est également tenue dans l'Essex, en Angleterre. À chaque fois, cela s'est terminé par des détentions provisoires et des amendes (pouvant aller jusqu'à 60 000 euros en Espagne). Une prise de risque malvenue ? Oui, sans doute. Des actes incompréhensibles ? Pas vraiment. Cela traduit tout simplement le désir brûlant de toute une population, pour qui les salles obscures, les pogos, la musique live et les bières partagées dans la fosse commencent à manquer sérieusement.

Les solutions existent, à commencer par les tests antigéniques distribués à l'entrée des concerts. Les festivals d’été ont annoncé leurs premières têtes d’affiches, quand d’autres comme le Printemps de Bourges ont d’ores et déjà renoncé à programmer des groupes sur leurs plus grandes scènes. Il serait donc peut-être temps d’agir, d’offrir des directives claires, et non plus d’attendre, comme l’a suggéré la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, qu’un vaccin soit « largement diffusé dans le public » pour autoriser la reprise des concerts.

Crédits photo : Jean-François Monier/AFP

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