Le coronavirus va-t-il flinguer le métier d'attaché de presse musical ?

La question est alarmiste, mais la situation actuelle, fragilisée par la crise sanitaire, n'incite pas les attachés de presse à l'optimisme. En témoigne cette tribune publiée par le syndicat APRES, dans laquelle ils réclament « une reconnaissance effective » de leur métier.

En mai dernier, les attachés de presse évoluant dans le secteur musical avaient déjà uni leurs voix. L'idée ? Être inclus dans les dispositifs d'aide liés à la crise économique provoquée par le coronavirus. Dans une lettre adressée au président du Centre National de La Musique (CNM), ces derniers rappelaient à juste titre qu'ils étaient des « maillons essentiels de cet écosystème » et souhaitent pointer du doigt une « situation très préoccupante ». Quelques mois plus tard, rien n'a changé, et c'est cette fois à travers une tribune que les attachés de presse indépendants font entendre leur colère, déterminés à faire reconnaître les spécificités de leur profession : « Nous sommes discrets, mais nous œuvrons dans l’ombre à mettre en lumière les artistes qui vous éclairent. »

À l’heure où les artistes semblent gérer directement leur communication sur les réseaux sociaux, où les journées promotionelles semblent davantage servir à vendre des places de concerts que des albums, on aurait tôt fait de penser que les attachés de presse n’ont plus leur rôle à jouer. Après tout, dans l’idée, un journaliste pourrait très bien se contenter d’envoyer un message à un artiste sur Insta pour mettre en place une interview. Sauf que la réalité est bien différente. Penser ainsi, ce serait oublier le travail des attachés de presse qui sollicitent à intervalles réguliers les journalistes pour leur proposer leur dernière « pépite », qui n’hésitent pas à relancer les plus paresseux d’entre eux et parviennent à nouer une relation de confiance avec différents médias.

Ce serait oublier également le travail accompli dans l'ombre pour qu'une journée promotionnelle se déroule sans accro, mais aussi le rôle tactique qu'ils jouent dans la construction d'une carrière. À l'image d'Angèle, qui, malgré la hype et les nombreuses sollicitations prestigieuses après seulement un ou deux singles publiés, a d'abord fait sa promo au sein de petits formats avant d'occuper les couvertures des différents magazines du paysage hexagonal - histoire de ne pas brûler les étapes et de se faire valider par les spécialistes en premier lieu.

Enfin, c'est oublier aussi que les attachés de presse permettent parfois aux artistes de s'affirmer pleinement, selon des angles nouveaux. Dernièrement, le Klub des Loosers a ainsi pu accompagner la sortie de « Vanité » avec un magazine en tirage limité, entièrement dédié à sa carrière et à la conception de son disque. Tout ça pour dire que ce métier ne se limite pas au simple fait de rendre visible les artistes dans les médias.

« Je fais aussi beaucoup de développement, je travaille parfois avec des artistes en direct, qui ne sont pas forcément entourés, donc on fait aussi beaucoup de conseil, d'accompagnement, rappelait Melissa Phulpin (Eddy De Pretto, Cléa Vincent, Aloïse Sauvage, etc.) aux Inrocks. Et si, comme ça arrive parfois, on n'a pas les médias, il faut trouver d'autres façons d'être visible, c'est une réflexion que je mène avec les artistes. Comment on fait pour exister ? »

Cette question, nul doute que beaucoup se la posent actuellement, inquiets à l'idée de voir leur métier être sacrifié. Tous n'exigent finalement qu'une chose : « Une reconnaissance effective. » Au point de conclure cette fameuse tribune par ces mots, réels et touchants : « Nous sommes discrets mais nous sommes ici pour réaffirmer que la Culture dont nous sommes les serviteurs aimants est une nécessité de l’âme, une source de bonheurs, de réparation et de partage. Nous sommes là pour la protéger, nous avons besoin d’aide pour que cela puisse durer. »

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