L’histoire cachée des génériques : "Malcolm", la série qui dit merde à l’âge adulte

Une série sur les séries ? Oui, c’est possible. Surtout quand "Jack" décide de plonger dans les coulisses du générique. Troisième épisode : « Malcolm », dont on célèbre les vingt ans cette année et dont la bande-son s'entend comme une ode à l'immaturité, à l'émancipation et aux bouffonneries de "kids" incontrôlables. Ça tombe bien, le thème est l'œuvre d'un groupe né en même temps que MTV, une chaine qui a fourni toute une génération en rock bien gras.

Une tortue violette aux dimensions monstrueuses, un clin d'œil à l'anime japonais Nazca, un Kraken échappé du Choc des Titans, un combat de catch canadien… À elles seules, les images du générique de Malcolm forment un pot-pourri de la pop culture, un terme plus ou moins fourre-tout que la série de Linwood Boomer a largement contribué à populariser. Pourquoi ? Parce qu’il ne se passe pas un été sans que les rediffusions de ses sept saisons n’accompagnent nos matinées, parce qu’une bataille de mèmes sur les réseaux se clôt presque systématiquement par le fameux « poupi-poupi-poupipou » de Dewey et parce que l’écoute de son générique, Boss of Me, fait illico surgir divers souvenirs teintés de nostalgie.

Cette bande-son, on la doit à They Might Be Giants, un duo formé dans un lycée américain des années 1980 par deux potes visiblement toujours obsédés par cette période de leur vie à la fin de la décennie suivante. Pour le dire autrement, TMBG fait du pop/rock taillé pour les cours de récré avec des riffs outranciers censés libérer les pulsions rebelles des adolescents et des refrains qui rappellent que, non, définitivement, l'âge bête ne passera pas.

Ne jamais tourner le dos à l'adolescence, c’est d’ailleurs l’une des grandes obsessions de Malcolm, avec ces scènes où tout semble permis, surtout les coups bas et l’abandon de toute pensée rationnelle. Boss of Me en est l'illustration parfaite, ne serait-ce que par ce refus de l'autorité prôné dans le refrain (« ce n'est plus toi qui me commandes ») ou ce « la vie est injuste » placé en conclusion. Pourtant, They Might Be Giants n'a pas vraiment répondu à une commande sur ce coup. À la base, Boss of Me n'est qu'une démo. Des musiques pour la télévision, ça fait des années que les Américains refusent d'en faire. Alors pourquoi céder à cet énième appel du pied ? Pourquoi accepter de confier leur musique à une série qui n'est encore qu'un pilote ? Tout simplement parce que les mecs y croient : c'est l'occasion pour eux de placer un titre puissant au générique, et donc de toucher potentiellement un large public.

 

Dans la foulée, les acteurs principaux de la série font une apparition dans le clip de They Might Be Giants et c'est le jackpot : les New-yorkais tournent dans le monde entier au début des années 2000, se produisent sur le plateau de Top of the Pops en Angleterre et sont même récompensés d'un Grammy Award en 2002 dans la catégorie « Meilleur générique de film, série et œuvre audiovisuelle ».

À l'époque, John Linnell et John Flansburgh sont tellement en phase avec le propos de la série que plusieurs de leurs morceaux accompagnent les aventures de Malcolm et sa famille – notamment Till My Head Falls Off ou Pencil Rain, lorsque le personnage de Stevie simule une chute de sa chaise roulante dans la première saison. Deux titres parfaitement adaptés aux jackasseries des personnages. À croire que Malcolm, au-delà de ses sous-textes (politiques, socio-économiques, etc.), était une ode à l'adolescence éternelle, et non « une publicité ambulante pour la stérilisation obligatoire », comme le suggérait Hal.

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