Florian Schneider, fondateur du mythique groupe Kraftwerk, est mort

L’Allemand, qui avait formé Kraftwerk à Düsseldorf en 1970 en compagnie de Ralf Hütter, vient de mourir à 73 ans. Il laisse derrière lui des albums aux parfums synthétiques ô combien importants (« Autobahn », « Trans-Europe Express », etc.) qui ont marqué l’histoire de la musique électronique. Et bien plus.

On n’a pas voulu y croire. Une première rumeur, suivie d’une deuxième. Et puis arrive la confirmation via le site The Guardian : Florian Schneider-Esleben, né en avril 1947 à Düsseldorf, est mort d'un cancer il y a déjà une semaine. Selon le journal anglais, son enterrement a déjà eu lieu.

L’Allemand, qui a officiellement quitté le groupe en 2009, a fondé Kraftwerk (traduction : centrale électrique) en 1970 dans un pays alors en pleine reconstruction. Autour de lui, ça papillonne : des étudiants en école d’art, des hippies et des artistes commencent à expérimenter à tout-va. On retrouve par exemple Klaus Dinger qui formera ensuite Neu! puis La Düsseldorf, Hans-Joachim Roedelius de Cluster ou encore le touche-à-tout Conny Plank. Tous, avec d’autres, seront regroupés sous l’appellation « Krautrock » (le rock choucroute en V.F.), même si Kraftwerk a toujours considéré qu’elle était inappropriée. Pourquoi ? « Les Allemands ne mangent pas de choucroute » avait déclaré Ralf en 2011.

Mais revenons à Florian. Kraftwerk au début, et jusqu’en 1974, c’est un secret assez bien gardé. Les disques sortent en Allemagne mais n’arrivent que plus tard en France, en 1973. Le groupe a déjà trois disques dans la poche (« Kraftwerk » en 1970, « Kraftwerk 2 » en 1971 et « Ralf und Florian » en 1973) et ils s’apprêtent à lâcher, sur l’autoroute de la musique électronique, une petite bombe : « Autobahn ». Ce disque, sur lequel ils utilisent un vocoder et des instruments électroniques comme le minimoog ou l’ARP Odyssey, est une symphonie autoroutière motorique, répétitive et ô combien jouissive. 

À partir de là, le chemin est tout tracé pour Kraftwerk : ils enchaineront quatre disques mythiques, un peu comme les stones à partir de 68 : « Radio-Activity », « Trans-Europe Express », « The Man-Machine » et « Computer World ». La musique est puissante et les pochettes sont des énormes claques qui t’achève. Entre temps, Kraftwerk a largement dépassé les frontières de son Allemagne natale. En France mais aussi en Grande-Bretagne ou au Japon, Florian et sa bande sont cultes. Ils sont à l’origine de la cold-wave, de la synth-pop, de la house, et sans eux, l’univers de Joy Division ou de Bowie n’auraient pas été le même (d’ailleurs, la légende dit que David voulait engager les Allemands comme son backing band). Il restera quand même cet hommage, V2-Schneider, sorti sur l’album « Heroes ». 

L’un des rôles de Schneider, plus doué sur le plan musical que les autres (mais pas très bavard), c’était le travail technique et harmonique. Si le groupe de robots considérait le studio comme un laboratoire, ce qui en sortait avait pour habitude de s’écouter le plus naturellement possible. Là encore, une prouesse, mais surtout le résultat d’un talent et d’une dévotion totale à la musique. En 1986, Kraftwerk pousse la révolution électronique un peu plus loin avec « Electric Café », considéré par certains comme le dernier grand disque du groupe. À partir de là, et jusqu’en 2009, Florian et ses collègues vont se concentrer sur les tournées et leurs vies loin des radars. Wolfgang Flür et Karl Bartos quittent le groupe et sont remplacés mais on sent bien que les belles années sont maintenant derrière eux. 

Florian, lui, s’est retranché dans son studio pour poursuivre ses expérimentations. En 2008 il n’avait pas participé à la tournée du groupe et en 2009, l’annonce est faite, officiellement, sans réellement expliquer les raisons de son départ. En 2015 il était sorti de sa caverne avec une chanson inédite (Stop Plastic Pollution) pour Parley for the Oceans, une ONG dédiée à la préservation de l'environnement océanique. Une dernière vague avant de dire « Auf wiedersehen », 50 ans après les débuts du groupe. Mais pour de bon cette fois-ci. 

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