Faut-il écouter « Domesticated », le nouvel album de Sébastien Tellier ?

Après six longues années d’absence, l’indomptable esprit foufou de la pop française livre un septième album concept, en hommage aux tâches ménagères et à la vie quotidienne. Pourtant, à l’écoute, c’est tout l’inverse : « Domesticated » est peut-être le disque le plus libre et le plus léger de toute sa discographie.

Appelons cela un hasard de calendrier : initialement, « Domesticated » devait sortir dans les bacs (ou ce qu’il en reste) le 24 avril dernier. Le coronavirus étant passé par là, le confinement s’est peu à peu imposé et le disque d’intérieur de Tellier a été logiquement décalé pour finalement atterrir pile au moment où les Français peuvent à nouveau sortir de chez eux. Disons-le, c’est une chance.

Car ce septième album, mixé par l’homme de l’ombre de PNL nommé Nk.f, respire ce qui manquait depuis quelques années à Tellier : une certaine légèreté dans les refrains, et le refus des ces provocations inutiles (cf. l’album à demi réussi « My god is blue ») dont le grand public n’aura retenu que les blagues et le second degré (cf. le passage désastreux sur le plateau de On n’est pas couché en 2012). Huit ans après tout cela, et sans parler de disque de la maturité, Tellier a fait le ménage. D’abord dans sa vie personnelle, puisqu’il est désormais rangé, père de deux enfants et visiblement heureux dans sa quarantaine. Cette découverte de la vie « super normale » lui a semble-t-il fait du bien : « Domesticated », qu’on pourrait à tort croire dédié à de vagues histoires de cuisine et de désinfectant des toilettes, est d’une richesse folle.

Ce renouvellement, on le doit en partie à la rencontre entre Tellier et Corentin Kerdraon (aka Nit.), qui cosigne une partie des titres et sort, à la marge, le barbu de sa zone de confort habituelle.  

Car si Tellier n’a pas chômé depuis 2014 et la sortie de « Aventura » (une collab avec Dita von Teese, des musiques de film), la surprise s’était un peu évaporée depuis « Sexuality ». Avec son nouveau faux disque blague, Tellier renoue avec l’esprit de la chanson estivale (A Ballet, Oui, Won) tout en recaptant l’époque. Ayant bien compris que les stars du moment se nomment Travis Scott et consort, il muscle son jeu et en résulte le meilleur titre de l’album, Venezia, dernière collaboration avec feu Philippe Zdar. Sans s’approcher de l’intouchable Ritournelle (peut-être le plus beau morceau du monde), voilà de quoi vous déshabiller pour l’été.

D’autres titres comme l’entêtant Domic Tasks font plus que le boulot, et c’est ainsi qu’on peut affirmer sans trembler que « Domesticated » fait pus que le ménage ; il récure à fond l’image du musicien de 47 ans. « Il y a des similitudes entre PNL et Sébastien Tellier », expliquait récemment Nk.F dans une interview accordée aux Inrocks. Souhaitons à ce disque le même succès qu’aux deux frères.

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