Des battles de rap aux Oscars, Riz Ahmed vit clairement sa meilleure vie

À deux doigts de remporter l'Oscar du Meilleur acteur pour son rôle dans l'intense "The Sound Of Metal", l'Anglais a largement de quoi se consoler. Entre les blockbusters dans lequel il tourne et ses projets musicaux, à travers lesquels il assouvit sa passion pour le rap, il a surtout de quoi s’occuper.

Dans la vie de tous les jours, Riz Ahmed serait ce mec énervant qui fait tout mieux que tout le monde : diplômé d'Oxford en politique et en philosophie, il pose pour Prada, rappe et fait du cinéma. Seulement, l’industrie du spectacle, ce n’est pas toujours la réalité. Alors, plutôt que de jalouser la carrière de l’Anglais, on préfère saluer le parcours, et se poser les bonnes questions : comment passe-t-on du cinéma à la télévision, puis de la télévision au rap ? Comment un trentenaire, élevé dans une banlieue de Londres au sein d'une famille d'origines pakistanaises, a-t-il pu se retrouver si haut, si vite ?

Comme souvent, tout est une question d’heureuses coïncidences. Dans le cas de Riz Ahmed, cela se passe en 2016 : au sommet de la hype grâce à son rôle dans la série The Night Of, l’Anglais, 34 ans à l’époque, suscite dans la foulée un véritable buzz avec Immigrants (We Get The Job Done), un titre où il rappelle que « les immigrés font partie intégrante des travailleurs aux États-Unis », et pour lequel il remporte un MTV Music Award en 2017.

Pour les proches de Riz Ahmed, cette volonté d’investir le milieu du rap n'a rien de la lubie d'un mec qui aurait désormais suffisamment d'argent et de contacts pour assouvir toutes ses passions soudaines. À l'époque, cela fait déjà dix ans que l'Anglais a enregistré ses premiers morceaux. Sous l'alias Riz MC, il a même gagné ses galons dans des open mics et publié un morceau devenu viral en 2006, Post 9/11 Blues. Depuis, Riz Ahmed est resté fidèle à ce contrat de conscience : chacun de ses morceaux se doit de porter un message, de mettre en lumière les populations marginalisées (Mogambo), de faire corps avec ses origines (cf le clip d'Englistan, où il porte un maillot de foot mi-anglais mi-pakistanais).

En 2020, son premier album (« The Long Goodbye ») ne parle finalement que de ça : de racisme, de discrimination, d’inégalités des chances et d’abus de pouvoir. Le tout dans des chansons très courtes (15 titres pour 27 minutes à peine), dont l’intelligibilité importe peu mais dont la résonance compte. Avec, forcément, une faculté à varier son interprétation, parfois revendicative (Deal With It), d’autres fois au bord de la rupture (The Breakup, qui semble servir d’échos à toutes les tragédies locales).

Intéressant et bien produit, « The Long Goodbye » ne pèse toutefois pas bien lourd face aux projets cinématographiques de Riz Ahmed. Rogue One : A Star Wars Story, Les Frères Sisters, Venom ou Jason Bourne, c'est à l'évidence devant une caméra qu'il saisit le plus. Sans pour autant oublier de tisser des liens entre ses deux passions. The Sound Of Metal en est la preuve. Dans ce premier long-métrage de Darius Marder (co-scénariste de The Place Beyond the Pines), il incarne Ruben Stone, batteur dans un groupe de punk qui commence à perdre l'audition et doit se confronter à une issue inévitable : sa future surdité.

Dans la vraie vie, Riz Ahmed ne semble pas avoir à se soucier de l’avenir. S’il n’a pas remporté l’Oscar du Meilleur acteur, sa seule présence dans la catégorie, aux côtés d’Anthony Hopkins ou Gary Oldman, suffit à souligner le respect dont il jouit aujourd’hui. Au passage, si ça permet aux racistes ou aux réactionnaires d'arrêter d'accuser « les immigrés de piquer nos jobs et d'engrosser nos sœurs », c'est toujours ça de pris.

La cérémonie des Oscars est à (re)vivre sur myCANAL

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