Bienvenue au club : le Social Club, symbole des nuits parisiennes réinventées

À défaut de pouvoir aller s'oublier chaque week-end dans des lieux obscurs transformés en lieux de fête à grands coups de BPM élevés, "Jack" consacre une série d'articles à l'histoire cachée de clubs mythiques. Deuxième arrêt à Paris, dans les coulisses d’un club au cœur de la hype au croisement des années 2000 et 2010.

À ceux qui pensent que l'amour dure trois ans, le Social Club a offert la meilleure des réponses. De 2008 à 2013, la boîte a entretenu une relation privilégiée et intime avec les clubbeurs parisiens, attirés par la promesse d'alternative, d'underground et de communauté proposée par les créateurs du lieu. À l'époque, l'idée est de « créer un club à l'anglaise, où l'on peut écouter de l'électro, du rap ou du rock à différentes heures de la nuit », comme le souligne Arnaud Frisch, le directeur, dans un entretien au Monde.

Soit un fascinant mélange de cultures, qui puisait ses sources dans le vivier des musiques anglo-saxonnes (UK garage, dubstep, B-More, ghetto house...), qui cultivait le métissage et célébrait l'effervescence créative alors perceptible sur Myspace et ces multiples blogs qui fleurissaient sur internet en défendant corps et âme les rafales électroniques de SebastiAn, Don Rimini ou Extrawelt - tous engagés à animer les premières soirées du « Social ».

Aujourd'hui, tous ceux qui ont eu la chance de trainer leurs gambettes dans la salle obscure et étroite du 142 rue Montmartre à Paris se souviennent de la cabine du DJ, située au ras du sol, au plus près du public, de la chaleur étouffante qui envahissait les lieux lors des soirées sold out, de Joey Starr prenant le micro lors d’un mix de Brodinski à l’occasion des cinq ans du Social Club, de la porte d'entrée qui coinçait ou encore de la beauté des flyers confectionnés par So Me. Tous se souviennent également de la programmation des lieux, très pointue, toujours défricheuse et largement favorable à l'éclosion de jeunes artistes sur le point de rafler la mise. « Le Social Club offrait un tremplin vers l'international, y jouer ouvrait des portes, estimait l’ancien rédacteur en chef de Trax Magazine, Antoine Buffard, dans une interview à Télérama. C'était une étape dans la carrière d'un artiste, l'équivalent des Boiler Room aujourd'hui. »

Pour preuve, on tient ces concerts de Skrillex, Tyler, The Creator ou A$AP Rocky, bien avant que ceux-ci ne trustent le haut de l'affiche des festivals du monde entier - avec les cachets démesurés qui vont avec !

Derrière la hype, le Social Club était donc un lieu posté à l’avant-garde, toujours à l’affût des dernières tendances - à l’instar de Savoir-Faire, la structure de développement et de management à l’origine de la création du lieu. Alors, forcément, les labels parisiens en ont fait leur QG : Bromance, Ed Banger, Institubes, Booty Call, ClekClekBoom, tous y ont organisé des soirées spéciales, placé leurs artistes au sein de la programmation (Boston Bun, par exemple, y jouait deux fois par mois) ou profité des locaux pour enregistrer des projets (c'est le cas de « Cross », le premier album de Justice, enregistré au sous-sol). « Je suis assez fier du Social Club, de faire partie de cette aventure. C'est devenu une institution, confiait Brodinski, alors DJ résident, à Brain Magazine. Bizarrement, à l'étranger, Paris et le Social Club sont très associés. »

Bien sûr, le Social avait également ses opposants, ceux qui prenaient le club pour un repère de « jeunes péteux parisiens », mais force est de constater qu’il a été le reflet de l’époque : un lieu qui, malgré les difficultés rencontrées en fin de parcours, a multiplié les pistes (une salle de sport, un journal bimestriel, etc.) et s’est imposé pendant cinq ans comme l’épicentre du Paris branché.

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