Qui es-tu Erika de Casier, petite sœur d'Aaliyah et de Janet Jackson ?

Sur le papier, Erika de Casier a tout pour effrayer Eric Zemmour : elle est née au Portugal de parents belges et capverdiens, puis a trouvé refuge à Copenhague. À l'écoute de ses différents morceaux, inspirés autant par le R&B 90's que par les sonorités actuelles, on comprend surtout que la jeune femme est là pour nous faire croire en l’amour.

Erika de Casier n’a pour le moment dévoiler qu’une dizaine de morceaux, mais tous confirment une certitude : celle d’avoir affaire ici à à une amie fidèle, à qui l’on ne veut que du bien. C’est qu’il est rare d’entendre une telle débauche de liberté, de charme et de délicatesse dans des chansons qui se veulent essentielles - du nom de son premier LP, sorti en 2019 et considéré comme l’un des meilleurs albums de la décennie écoulée par le média GorillaVsBear. À l’écoute de Good Time ou de Do My Thing, en équilibre stable entre le R&B et l’électronique, on pensait parfois à Aaliyah, d’autres fois à Craig David ou à une version moins diva de Brandy.

À force de laisser ces singles tourner en boucle dans nos casques, on pense surtout à... Erika de Casier, tant ces différents morceaux donnent l’impression de ne pas pouvoir naître ailleurs que dans les doux rêves de cette jeune Danoise, sensationnelle par définition - là encore, on renvoie simplement au titre de son nouvel album (« Sensational ») , à paraître le 21 mai.

Dans le petit monde de la pop music, la sortie de ce deuxième album est un mini-évènement. Pour les quelques milliers de fans qu’elle est parvenue à rassembler autour de son projet (dont Clairo, Shygirl et Dua Lipa). Pour tous ceux qui ont rêvé d'entendre Janet Jackson chanter sur des productions G-Funk, de la UK Garage ou des breakbeats hérités de la jungle. Pour tous ceux qui souhaitent trouver du réconfort dans des mélodies aussi douces qu'un rayon de soleil au printemps. Et surtout pour Erika De Casier qui, après avoir publié « Essentials » en totale indépendance (via Independent Jeep), bénéficie à présent du soutien de 4AD, la maison-mère des Pixies, de Cocteau Twins et des Lemon Twigs.

Sur le fond, Erika De Casier ne révolutionne rien : ça cause de relations amoureuses, de cul et de peines de cœur. Les thèmes sont bien connus, ils sont universels, mais ce n'est pas vraiment sur ce terrain-là que la Danoise crée la différence. Même si Polite pose un regard décalé sur des souvenirs intimes (en gros, cet instant où votre rencard se comporte mal au resto). Même si All You Talk About inverse les stéréotypes et parle d'un homme obsédé par les marques de luxe.

Ce qui permet à Erika de Casier de se distinguer de la masse des chanteurs et chanteuses R&B inscrits dans un revival 90's, c'est au contraire ce goût pour les métissages. Entre les réminiscences soul de Sade et les beats house de ses coproducteurs (El Trick, Global Kirk ou Carl Barsk, tous actifs au sein de la scène rave danoise), entre l'influence de vieux programmes télé sur son univers visuel (Des jours et des vies, par exemple) et la recherche du tube ultime, qu’elle imagine forcément lascif et sentimental. Tout ça pour revenir à l'essentiel : Erika de Casier est une amie à qui l'on ne veut que du bien. Et, à entendre les mots chantés en conclusion de son nouvel album (« Call me anytime »), c'est réciproque.

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