Un label canadien paie ses artistes pour qu'ils prennent soin de leur santé

En 2019, le label indé Royal Moutain Records a annoncé qu’il allait donner 1500 dollars à chacun de ses artistes. Une somme destinée non pas à la promotion de leur musique, mais à d’éventuels frais concernant leur santé mentale ou des problèmes d’addictions. Des fléaux malheureusement courants au sein de l’industrie musicale.

Ce n’est plus un tabou. Enfin, de moins en moins. En 2020, la santé des artistes, et des personnes qui les entourent, est devenu un sujet dont on parle dans la presse, et qui ne se chuchote plus derrière des portes fermées. Des études, en Grande-Bretagne, en Suède et en France, montrent les dégâts causés par le rythme de cette industrie, par ses codes, et par ses nombreux clichés qui ont certes souvent fait rêver beaucoup de monde, mais aussi détruit la vie de certains et certaines. C’est pourquoi en 2019, un label basé à Toronto, Royal Mountain Records (Alvvays, Mac DeMarco, Pottery, Orville Peck, etc.) a pris une décision : offrir 1500 dollars, soit un peu moins de 1000 euros, à ses artistes. Une première au monde. 

Cette aide, que les artistes n’ont pas à rembourser par la suite, est donc offerte, comme c'est expliqué dans cette interview. Une manière, déjà, de déstigmatiser ces questions-là. Mais surtout une manière de lutter contre les idées reçues qui ont fait des ravages (les artistes sont plus sensibles, sont tourmentés ou, pire, doivent souffrir pour leur art) au sein de l’industrie musicale.

Le patron du label, Menno Versteeg, a bien compris que les risques d’être confronté à ces problèmes sont plus grands dans le secteur de la musique, ayant lui-même fait partie d'un groupe de rock (baptisé Hollerado) durant 12 ans. Il connaît les dangers des tournées, de l'usage de l'alcool ou de drogues pour tuer le temps et l'ennui, des longues heures à attendre sans rien faire : bref, des pièges à éviter. « Ce n’est pas mon métier de leur dire qu’ils ont besoin d’aide, mais je veux qu’ils sachent que les dangers sont réels et que si un artiste ou un membre du groupe en a besoin, l’argent est là pour eux », a déclaré Menno au site Exclaim

Si le geste est important, et pourrait (devrait?) inspirer d’autres labels à suivre le pas, reste la question de la prise en charge des artistes et de la responsabilité de l’industrie musicale, première à exploiter les « failles » des musiciens pour vendre de la musique. La discussion est ouverte. 

Contacté par Jack, Royal Mountain Records n’a pas répondu à nos sollicitations. 

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