"This Is Pop" : la série-docu qui décortique la pop music

L’auto-tune, la britpop, la Suède en tant que superpuissance de la musique à succès, la pop bubblegum des années 1960 ou même l'histoire de Boyz II Men : en huit épisodes, la série-documentaire de Netflix brasse large, mais frappe toujours juste au moment d’expliquer la création d’un single ou l'émergence d'un phénomène mondial.

Est-il possible que les 385 millions d'albums à l'international dans le monde par ABBA aient changé à jamais le visage de la pop music ? Une chanson engagée a-t-elle le pouvoir de bousculer l’état du monde ? Les frottis-frottas entre la country et la pop ont-ils donné naissance à la dernière mutation de la pop music ? À quel point l’auto-tune a modifié la façon de composer un tube ? Et si le succès de Boyz II Men avait permis l'éclosion d'une nouvelle génération de boys bands, celle qui déferla sur le monde à la fin des années 1990 ? À toutes ces questions, la série documentaire This Is Pop n’a apporte pas forcément une réponse claire, trop consciente qu’il est parfois plus intelligent de poser quelques pistes de réflexions plutôt que de se montrer affirmatif.

C'est là tout son intérêt : en 8 épisodes, la nouvelle production Netflix préfère aborder l'industrie musical sous de nombreux angles différents (les interview d'ingénieurs du son ou de vétérans de la publicité s'ajoutent ici à celles, plus traditionnelles, des artistes, producteurs et journalistes) plutôt que de répéter à tout-va que tel ou tel groupe a produit « des chansons qui ont changé des vies ».

Sur la forme, tous les épisodes de This Is Pop ne se ressemblent pas : certains se déroulent directement dans une chambre d'ados, comme pour faire sens avec le sujet traité (Britney Spears, entre autres), quand celui sur l'auto-tune traite en filigrane de la carrière de T-Pain, sans doute l'un des premiers à populariser ce logiciel à grande échelle. Parfois, le format se révèle plus conventionnel, à l'image des épisodes consacrés à Boyz II Men ou la Britpop, mais là encore, la série-documentaire parvient à s'en sortir avec les honneurs en ne se concentrant pas simplement sur les hauts et les bas des groupes évoqués.

Au fil des épisodes, toujours à bonne distance entre l'analyse académique et le discours hagiographique dépourvu de critique, on comprend ainsi qu'aucune chanson n'existe indépendamment de son environnement. Aussi géniaux soient-ils, les artistes bénéficient toujours d'une tendance, d'une réalité économique, d’un réseau de diffusion ou même d'un coup de chance pour atteindre les sommets.

Ce n'est qu'en ayant ça en tête que l'on peut le plus précisément possible plonger dans les coulisses de ces immenses tubes qui ont vu le jour ces six dernières décennies. C'est aussi l'occasion de poser un regard réfléchi sur le mot « pop », qui ne renvoie pas ici à un genre musical en particulier (le hip-hop et le R&B sont également abordés), mais bien à une musique populaire, qui flirte ou non avec le mainstream, qui tutoie les premiers rangs des charts parfois par accident, et qui rêve en permanence de réconcilier tous les êtres en moins de trois minutes et trente secondes.

A regarder sur Netflix, désormais disponible sur CANAL+ via le pack CINE SERIES ou dans l'offre INTEGRALE+.

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