De Wedding Present à la Mano Negra: quand les pochettes de disques s'inspirent du football

L’Euro 2020 commence demain soir avec, au menu, des matchs qui s’annoncent intenses, des beuveries aux quatre coins du continent et une trentaine de jours à passer avec l’air de « Freed From Desire » en tête. Chez Jack, cette compétition européenne est surtout l’occasion de revenir sur ces artistes qui ont choisi d’affirmer leur goût pour le ballon rond sur la pochette de leurs projets.

The Undertones - My Perfect Cousin

Si, en France, les groupes de rock ont toujours eu du mal à afficher leur passion pour le football (contrairement au rap, à l'image de la pochette de « 19 », l'album de MHD), nos voisins britanniques n'ont jamais souffert de ce complexe - on pourrait même parler d'un jugement de classe, mais le débat n'est pas là.

À l'image de cette pochette des Undertones, qui représente une figurine Subbuteo aux couleurs du club local du groupe nord-irlandais, Derry City. Le clin d'œil est sympa, il est totalement assumé et n'a pas empêché les Undertones de placer My Perfect Cousin dans le top 30 des singles sortis en 1980 outre-Manche.

The Wedding Present - « George Best »

Sur le papier, rien ne semble lier The Wedding Present, petit groupe d’indie-rock originairede Leeds, à George Best, icône anglaise, aussi à l'aise sur un terrain qu'en soirée pour draguer les plus belles femmes des alentours (« J'ai claqué beaucoup d'argent dans l'alcool, les filles et les voitures de sport - le reste, je l'ai gaspillé »). Pourtant, 1987, les Anglais réussissent là où les Smiths ont échoué quelques années plus tôt : réussir à faire figurer l'attaquant de Manchester United sur la pochette de leur premier album. Avec, en prime, un joli coup de pub quand on sait que la plupart des gens pensaient qu’il s’agissait d’un disque de George Best nommé « The Wedding Present ».

Sergio Mendes And The New Brasil 77 - « Sergio Mendes And The New Brasil 77 »

Au Brésil, pour parler de foot et de musique, il y a plusieurs écoles. On peut évoquer ce 45 tours enregistré par Elis Regina et Pelé, on peut mentionner également l'album « Mexico 70 » du Al Green local, Wilson Simonal, ou encore réécouter ce disque de Sergio Mendes, dont la pochette résume bien l'état d'esprit : l’amour du ballon rond, du soleil dans les yeux, un sourire à faire jalouser n'importe quelle formation de post-punk et un goût prononcé pour les jolies femmes.

Novos Baianos - « Novos Baianos FC »

On reste au Brésil, et on file cette fois du côté de Rio, où les Novos Baianos ont incarné l'idéal hippie au cours des années 1970, au sein d'un pays alors plongé en pleine dictature. À l'époque, les membres du groupe vivent en communauté, écument leurs journées à composer ou à faire des matchs de foot, accueillent volontiers les joueurs professionnels et, accessoirement, enregistrent des albums qui traduisent leur mode de vie. « On vit comme une équipe de foot, commente le chanteur Paulinho dans le documentaire dédié à la sortie de « Novos Baianos F.C. ». Quand le ballon arrive dans les pieds du joueur, il ne doit pas trop réfléchir. Il doit shooter, dribbler et faire une passe à son coéquipier. » Neymar, si jamais tu nous lis !

Ash - Kung Fu

Des punchlines bien senties, un charisme à faire vibrer le cœur des filles et, surtout, un talent fou : Eric Cantona cumulait tous les archétypes de la rock-star, celle qui fait vibrer les kids et les adultes, celle qui se fiche de la bien-pensance et des formules de politesse. Il était finalement logique qu'un tel joueur, véritable icône pour les supporters de Manchester United, finisse par inspirer des rockeurs à la recherche de sensations fortes. Ça a fini par arriver en 1995, quand les gars d’Ash, pour les besoins du single Kung Fu, ont réutilisé l’image du King en train d’envoyer un high kick au visage d’un supporter adverse.

Super Furry Animals - The Man Don’t Give A Fuck

Si l'on souhaitait résumer la carrière de l'attaquant Robin Friday, actifs au cours des années 1970, de manière encore plus succincte qu’un article Wikipédia, on procéderait ainsi : une carrière fulgurante, un statut d'icône à Reading, un look à faire pleurer de rire n'importe quel homme de goût avec ses bottes en croco, des t-shirts à l'effigie de Deep Purple, un goût prononcé pour l'acide et la picole, mais aussi une photo, hautement symbolique ; celle qui illustre la pochette d'un single des Gallois de Super Furry Animals : The Man Don’t Give A Fuck, sorti en 1996.

Mano Negra - Santa Maradona

Présupposé simple, avéré et connu de tous : Diego Maradona était une rock-star ! Manu Chao n'a jamais masqué sa passion pour le bonhomme, et lui a même dédié plusieurs chansons, dont La Vida Tombola et ce Santa Maradona. Le ton est moqueur, certes, mais le message est clair : pour le leader de la Mano Negra, il convient ici d’implorer le footballeur argentin de sauver le ballon rond des dérives du capitalisme.

Mickey 3D - Johnny Rep

À ceux qui se demanderaient ce que pensent les footballeurs des chansons qu'on leur dédie, Johnny Rep, dans un entretien à So Foot, offre un début de réponse : « Ça m'a fait plaisir de l'écouter. Le chanteur (Mickaël Furnon, ndlr) m'a raconté qu'il a écrit cette chanson à cause du match contre le Widzew Łódź auquel il a assisté avec son père. Ce jour-là, j'ai inscrit un triplé, et c'est quelque chose qui l'a frappé, apparemment, puisque vingt ans après, il en a fait une chanson ». Voilà, c’est tout.

Roy Of The Ravers - « The Melchester Mixtape »

À la fin de sa carrière, en 1988, l'Italien Claudio Gentile avait dit avoir besoin de travailler dans une usine de textile pour « se désintoxiquer » du football. Le ballon rond serait-il addictif ? Ça ne fait aucun doute, et Roy Of The Ravers en a presque fait son fond de commerce avec les pochettes de ses différents mixes, tous sortis chez Acid Waxa, légendaire label dédié à l'acid et à la techno.

Ben PLG - « Dans nos yeux »

Sur la place du marché de Wazemmes, à Lille, un kebab aux faux airs de PMU fait la réputation du quartier : l'Aspendos. C'est entre ces murs, où sont retransmis la quasi totalité des matchs diffusés à la télévision, que le rappeur Ben PLG a décidé de photographier la pochette de son premier album. Ainsi, tandis que Zidane réalise une panenka face à Buffon en arrière-plan (les vrais se souviennent du match en question !), le rappeur lillois rappelle l'importance de ces lieux, capables de réunir et de brasser toutes les populations le temps d'un match. Et d'un kebab, donc.

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