Le récit des derniers jours d'Hendrix, mort il y a 50 ans

Le 18 septembre 1970 au matin, le plus grand guitariste de tous les temps est retrouvé étouffé dans son vomi après l'ingestion gargantuesque de moult barbituriques. Il rejoint ainsi la liste du club des 27 et devient aussi éternel que très rentable pour les ayants droit qui, depuis, n'ont jamais cessé de lui faire sortir des albums "inédits". Comment en est-on arrivé là ?

Avec le recul, Jimi Hendrix est un peu comme Che Guevara : les deux ont en commun d'être devenus des symboles de la contre-culture révolutionnaire et leurs posters ont tapissé la chambre de millions d'ados. La raison ? Ils sont morts jeunes. Dans le cas d'Hendrix, pourtant, des signes annonciateurs flottaient dans l'air quand, ce matin de septembre 1970, son corps est finalement retrouvé inanimé dans la chambre de sa nouvelle girlfriend au Samarkand Hotel de Londres. 

Jusque-là, sa trajectoire a été digne d'une étoile filante. En seulement quatre ans, le guitariste publie trois disques studio classés parmi les meilleurs de tous les temps, un autre live ("Band of Gypsys"), brûle des guitares sur scène, couche avec la moitié de la planète et prend plus de choses que n'importe quelle autre rockstar de la même époque. Cela fait tout de même beaucoup pour un seul homme. Mais à la différence d'un Brian Jones, mort un an plus tôt lui aussi à 27 ans, Hendrix semblait tout sauf suicidaire ou condamné à terminer dans la rubrique "parti trop tôt". 

En août de la même année, le natif de Seattle a donné une fête pour inaugurer son Electric Lady, un studio personnel (rappelant celui de feu Prince) qui vient consacrer la totale indépendance du guitariste, pourtant déjà bien essoré par le music business. En moins de cinq ans, il est devenu le porte-drapeau d'une nouvelle génération, le symbole du flower power et du rock psychédélique qui, comme on le sait, se consomme avec autre chose que de la limonade. Bref, le Hendrix de 1970, sans dire qu'il va bien, n'est pas encore au fond du trou comme Jim Morrison des Doors. Les choses vont pourtant rapidement glisser. 

Dès le lendemain de sa sauterie dans son propre studio, Hendrix décolle pour l'Europe afin d'honorer un contrat au festival de l'île de Wight ; le cachet devant lui permettre de financer le Electric Lady. Trente chansons ont déjà été mises en boite ; elles termineront plus tard sur certains des disques posthumes du maitre. Sur l'île de Wight, le concert du trio n'est pas fameux. Hendrix s'y est laissé entrainer à contre-cœur. Ce qui ne l'empêche pas dans la foulée d'enchainer avec quatre concerts en Scandinavie, avec des très hauts, mais aussi des très bas. Jimi est paumé, las de tourner et surtout, comme toujours, visionnaire : "Je ne suis pas sûr que j'atteindrai mes 28 ans. Je veux dire qu'au moment où musicalement, je sentirai que je n'ai plus rien à donner, je ne serai plus de ce monde." Après un dernier concert à Berlin le 4 septembre, il décolle pour Londres afin de retrouver son ex-nouvelle petite amie Monika Dannemann (rencontrée en 1969) avec comme projets notables de virer son manager et jammer avec la scène locale. Le 17 au soir, après une dernière party où Hendrix ne fait pas long feu, ce dernier rentre vers 3 heures du matin à son hôtel, dont il ressortira les deux pieds devants. La faute à un cocktail à base d’alcool et de Vesparax (un puissant barbiturique aujourd’hui interdit). Voilà, c'est fini pour Jimi. La légende peut commencer. 

 

Officiellement, il est mort noyé dans son vomi. Mais cela fait maintenant 50 ans que les théories conspirationnistes les plus folles courent sur la mort du guitariste. L'ambulance londonienne aurait mis trop de temps pour arriver sur les lieux ; l'entourage n'aurait pas positionné correctement la tête d'Hendrix pour éviter les vomissements ; le manager Michael Jeffery aurait empoisonné Hendrix pour éviter de se faire virer. Pour cette dernière rumeur, les propos seront à demi-mots confirmés par John Bannister, le chirurgien qui tenta en vain de ramener Jimi à la vie : il déclara qu'il était mort noyé. Comme Brian Jones, tiens tiens... En 2009, cette théorie d'assassinat ressurgit dans un livre écrit par l'ancien roadie James Wright, qui charge la barque de Jeffery dans le livre Rock Roadie. Même vraies, les rumeurs ne ramèneront pas le plus grand joueur de six-cordes de tous les temps.

Preuve que Hendrix n'était pas suicidaire, il n'avait pas laissé de testament. C'est donc à son père, Al, que revient la mission de gérer la suite discographique avec Michael Jeffery qui, pas de bol, mourra au-dessus de Nantes lors d'une collision en vol. Drôle d'histoire, quand même, au niveau d'un nid de coucous.

Mort voilà un demi-siècle, Hendrix laisse derrière lui un héritage, au sens propre du terme. Un an seulement après sa mort est publié "The Cry of Love", une partie des chansons captées en 1970. Le reste sera dépecé, souvent remonté comme une vieille voiture volée, jusqu'au "First Rays of the Rising Sun" dont le principal intéressé n'aurait certainement pas validé la pochette, finie à la truelle par un stagiaire sous Photoshop. Sur Wikipédia, Jimi possède aujourd'hui l'une des sections "disques posthumes" les plus prolifiques. Comme avec Gainsbourg ou Miles Davis, deux autres génies jamais remplacés, difficile de dire ce que ce Jimi aurait eu à dire de l'époque, et comment aurait évolué le reste de sa discographie s'il n'était pas mort ce 18 septembre 1970. Cette année, il aurait fêté ses 78 ans.

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