Le disque du jour : « KOD » de J. Cole

Rappeur adoubé par Jay-Z et des centaines de milliers de personnes aux USA , J. Cole semble pourtant moins sujet aux louanges de la critique française que Kendrick Lamar. À l’écoute de « KOD », son cinquième album, on cri à l'injustice.

Rap de campagne. Il s’agit d’être honnête : les quatre premiers albums de J. Cole, malgré des ventes démentielles (« 2014 Forest Hills Drive », double disque de platine en 2014, « 4 Your Eyez Only », triple disque de platine en 2016) et des qualités de lyriciste indéniables, manquaient souvent de brillant et de relief. La faute à des morceaux trop référencés (à Nas, à 2Pac, aux années 1990), en manque d’audace et ouvertement égocentriques – le documentaire Eyez, diffusé à l’époque sur HBO, est en cela un bon exemple, ce dernier ne proposant finalement rien d’autre en une quarantaine de minutes qu’une succession de plans rapprochés du rappeur de Fayetteville, Caroline Du Nord.

Mature et ambitieux. « KOD » s’inscrit dans la même lignée. Sorti sans promotion et sans réellement prévenir ses fans plusieurs semaines à l’avance, ce cinquième album se veut toutefois plus ambitieux, moins scolaire. J. Cole déroule, sans trop de nuances mais avec conviction (comme à son habitude), douze morceaux qui ne se contentent plus de faire dans le fan service ou d’entretenir les promesses qu’un public (très large, très fidèle) et qu’une partie de la critique a placé en lui depuis la fin des années 2010. Là, de l’intro à 1985 – Intro « To The Fall Off », le MC ose sortir de son carcan stylistique, se met parfois en danger quitte à frôler le kitsch (The Cut Off) et, pour la première fois, enchaine les titres au potentiel tubesque.

L’heure de Cole. En clair, J. Cole ne se contente plus de rapper avec simplicité la vie des banlieues américaines, il s’adresse à tout le monde. Tout en laissant planer une forme de mystère quant au sens réel du contenu de « KOD », trois lettres pouvant signifier selon lui « Kill On Drugs », « King Overdosed » ou « Kill Our Demons ».

Autant dire que l’on est loin d’être dans une ambiance guillerette, même si quelques refrains viennent apaiser durant quelques secondes la tension du disque et permettent à J. Cole d’affirmer une chose : qu’il n’est plus un simple MC à l’aise dans le storytelling ou dans la confrontation avec ses compères (Eminem, Macklemore ou Lil Uzi Vert s’en souviennent peut-être), mais bien un rappeur singulier, enfin prêt à mettre à bonne distance ses automatismes du passé.

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