Joe Jackson, père et bourreau de Michael, est décédé

Décédé mercredi soir à 89 ans des suites d’un cancer, Joseph Jackson était bien plus que le patriarche de la famille Jackson. Il en était également le manager et le tortionnaire du King of Pop.
  • Au nom du père. « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille ». Ce tube de la variétoche française, Brian Wilson et Marvin Gaye ne l’ont sans doute jamais entendu, mais il y a fort à parier qu’ils ont eu l’occasion de se faire cette réflexion. Pareil pour Michael Jackson (et Janet, par la même occasion), dont la relation avec son père, Joe Jackson, a toujours été conflictuelle.

    Dès le plus jeune âge, à vrai dire : on parle quand même ici d’un homme qui battait ses enfants avec une boucle de ceinture, les obligeait à transporter des blocs de béton à travers tout le jardin et les interdisait d’avoir des amis, sous prétexte qu’ils devaient répéter leurs morceaux (parfois pendant par cinq heures d’affilée).

    Père sévère. Pas de chance pour Michael Jackson : il est le bambin le plus doué de la famille et subit donc encore davantage l’exigence et la folie de son père, ex-boxeur et musicien raté. C’est lui qui le surnomme « Big Nose », sachant pertinemment les complexes de MJ quant à la taille de son nez. C'est lui qui profite de la renommée de Michael Jackson pour fonder son propre label, Ivory Tower International Records.

    C’est lui, enfin, qui a visiblement poussé Michael Jackson à s’éloigner de sa famille : Bambi ne retravaillera avec ses frères qu’après la sortie de « Thriller » en 1982, trop angoissé à l’idée de tomber sur son père - que le Roi de la pop n’avait d’ailleurs pas mentionné sur son testament.

    Pop culture. Alors, oui, Jermaine Jackson prétend dans son livre que son père faisait surtout ça pour inculquer à ses fils le goût de la discipline et pour leur éviter de trainer avec les gangs de Gary (Indiana). Oui, Joe Jackson a permis à ses fils d'avoir le contrôle artistique de leurs enregistrements. Mais quand même : faut-il souffrir pendant l’enfance pour écrire parmi les plus grands tubes de l'histoire de la pop ? Oui, à en croire un épisode de la saison 3 d'Atlanta, ouvertement inspiré par la relation entre Michael Jackson et son père, qui prétend que « des grandes souffrances naissent les grandes choses ».

    Traumatisme. Pas sûr que Françoise Dolto approuve cette philosophie de vie, mais ce clin d’œil fait par la série de Donald Glover prouve à quel point les rapports entre le père et le fils Jackson dépassaient largement le cercle familial. Si bien qu’une interview ressurgit aujourd’hui dans les mémoires. Celle accordée par Michael Jackson à Oprah Winfrey en 1993.

    Dans celle-ci, Bambi revient sur les violences physiques et morales exercées par son père, laisse entendre que ses multiples transformations (opération du nez, blanchiment de la peau, etc.) résultent directement des persécutions subies depuis l'enfance (comme une volonté de sa part de ne plus être le fils de personne), dit qu'il « lui suffisait d’un regard pour nous terroriser » avant de conclure par un regard face caméra, suivi de ces simples mots : « Sorry, Joseph ».

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