Deux Américains ont créé 68 milliards de mélodies pour éviter les procès pour plagiat

Grâce à un algorithme, Damien Riehl et Noah Rubin, qui sont à la fois développeurs et spécialisés dans le droit d’auteur, ont inscrit toutes les mélodies possibles et imaginables dans le domaine public. Pourquoi ? Pour éviter que les artistes puissent être attaqués pour plagiat.

300 000 mélodies à la seconde. Damien Riehl et Noah Rubin ont eu une réflexion simple : la musique, en fait, ce sont des mathématiques. Des suites de chiffres mises bout à bout qui forment, in fine, un son et une mélodie. Comme les chiffres n’appartiennent à personne, si toutes les mélodies sur une octave (l’ensemble de notes comprises dans un intervalle de huit degrés) pouvaient être écrites sous forme de nombres puis mises dans le domaine public, alors les procès pour plagiat n’auraient plus lieux d’être. 

Ce raisonnement, logique sur le papier, les deux Américains l’ont mis en pratique grâce à un algorithme. Ils ont créé un logiciel qui génère 300 000 mélodies à la seconde. Au total, ils réussissent à en sauvegarder 68,7 milliards. Une fois enregistrées, ces œuvres ont été converties en format MIDI (une langue qui permet aux ordinateurs et aux instruments de musique de communiquer) puis protégées sous la licence Creative Commons Zero, ce qui signifie qu’elles ne sont soumises à aucun droit réservé. En d’autres termes, toutes ces mélodies sont désormais des suites de chiffres dans le domaine public, et elles sont regroupées sur ce site Internet ici

La fin des procès ? Derrière ce travail gigantesque, il y a une idée très claire : dissuader les actions en justice envers les artistes. Eh oui : selon Damien Riehl, il est difficile d’envisager des poursuites contre… une suite de chiffres. Ainsi, les procès pour plagiat pourraient diminuer, surtout qu’ils sont chronophages et coûtent cher (entre 380 000 et 2 millions de dollars en frais d’avocat). Mais pour le moment, rien n’indique que leur idée puisse réellement être efficace. Comme le rappelle Le Monde : "Reste à voir si cet argument sera retenu devant les tribunaux, tant la législation sur les droits d’auteur est complexe et les détenteurs de droits capables de manœuvres alambiquées pour protéger leurs droits. » Si sur le plan juridique, Damien Riehl et Noah Rubin sont confiants, les juges pourraient cependant analyser la création de l’œuvre par un biais artistique et non mathématique. 

On imagine que les artistes accusés de plagiat, comme Led Zeppelin, Pharrell Williams ou encore Ed Sheeran (la liste est très longue), vont suivre cette affaire de très près.

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