Ce qu’il faut retenir de "13 organisé", la compilation 100% marseillaise de Jul

C’était l’événement de vendredi dernier, et cela n’a pas déçu : les Marseillais comme les fans de rap pur. Au programme : treize morceaux maitrisés et presque autant de leçons à en tirer. En voici déjà 5.

L'art des combinaisons

Le casting de l’album, on le connaissait. Le tracklisting également. C’est d’ailleurs là toute l’intelligence de Jul que n’avoir pas créé de chapelles (en gros, les mecs d’IAM avec ceux de la Fonky Family, les rappeurs de la nouvelle génération entre eux, etc.), mais bien d’avoir su créer une véritable filiation entre les différentes époques du rap marseillais. L’idée, célébrer le patrimoine rap de la ville dans des morceaux qui réunissent systématiquement quatre ou cinq artistes minimum.

L'intention est belle, d'autant qu'elle n'est que rarement plombée par des rappeurs en deçà du reste du collectif, et trouve un joli prolongement avec cette photo prise en direct de Notre-Dame de la Garde vendredi dernier, jour de la sortie de l’album, avec tous les artistes du projet.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Les couplets de Sat

Passé le refrain et sa référence à Rohff, qui a toujours été le rappeur parisien préféré des Marseillais, le moment fort de Heat est bien et bel le passage du rappeur de la Fonky Family, dont la voix grave et rocailleuse vient offrir davantage d'ampleur au morceau. Mais il y a plus fort encore : il y a son entrée sur C'est maintenant, assez technique et d'autant plus symbolique que, quelques couplets plus loin, Naps fait un clin d'œil à un morceau de la FF enregistré 20 ans plus tôt (Nous contre eux) : « On l'dira même en interview : fascinés par la classe ouvrière, la vie des voleurs et celle des voyous ».

L'amour du rap

Habitué aux moqueries des puristes, souvent cité par ces derniers comme l’incarnation de la mort du rap, Jul prouve avec « 13 Organisé » qu’il est à l’origine d’un des projets les plus hip-hop de ces dernières années. Ça kicke, ça rappe et ça enchaine les punchlines. Avec, parfois, des entrées en matière hyper marquantes, comme celle de L’Algérino, pourtant très éloigné de ce registre ces dernières années, sur L’étoile sur le maillot : « À Marseille, ça vend du shit et de la chloroquine/ Ça prend des années fermes et ça libère les pédophiles ».

Une fierté régionale

Un album réunissant 13 morceaux, des titres tels que L’étoile sur le maillot, 13 balles ou Je suis Marseille, un clip tourné en direct du stade Vélodrome et des slogans tels que « Ici c’est pas la capitale, c’est Marseille bébé » : tout semble ici pensé pour célébrer une ville, plus que jamais rythmée par sa scène musicale et sa culture sportive. Quitte à parfois croiser les deux. Le lancement d'OM Records, le label de l'Olympique de Marseille, en atteste, d'autant que la compilation pilotée par cette structure, à paraître en novembre, réunira à son tour le gratin du rap phocéen.

L'ultime morceau Je suis Marseille

Placé en conclusion de « 13 Organisé », cet ultime banger résume bien toutes les intentions évoquées jusqu’alors. Ici, Akhenaton entame un passe-passe avec L’Algérino, Jul assure les backs du leader d’IAM, tandis que les grands noms des différentes périodes du rap marseillais (Fonky Family, Psy4 De La Rime, SCH et Jul, donc) balancent des couplets sur l’instru de Marseille la nuit - elle-même basée sur la mélodie de Où je vis de Shurik'n -, classique du rap local présent sur la BO de Taxi, pilotée en 1998 par Akhenaton. La boucle est bouclée.

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