Holden Lou est-il le le King Krule français ?

Le Français de 21 ans, installé à Londres, vient de dévoiler « Monochrome », le premier titre d’un EP prévu pour la fin de l’année. La comparaison avec le musicien britannique est loin de sortir de nulle part.

Commençons par le début, puisque c’est toujours mieux ainsi. « J’ai commencé à 9 ans avec une toute petite guitare électrique offerte à Noël par mes grands-parents, entame Holden Lou depuis Londres. C’était la suite logique de ma passion pour Guitar Hero III. Étant autodidacte, mon apprentissage a été assez irrégulier, mais ça m’a permis de gagner en liberté et créativité. Et puis il y a eu le gros déclic à 10 ans avec l’album banane du Velvet où je me suis dit que c’était vraiment ça qui m’intéressait, plus que tout le reste. »

Quand il ne joue pas à la Wii, Nicolas de Chastenay de son vrai nom bidouille donc dans son coin, dans le sud de la France. Il débute par les classiques, avant de s’installer dans un premier temps à Paris et d’ouvrir ses horizons musicaux avec le jazz qu’il mêle au post-punk. Dans la capitale, il joue aussi dans un groupe toujours en activité (Faye Valentine) et se produit sur les scènes du coin, du Supersonic à l’International en passant par le Bus Palladium. 

Mais c’est l’envie de collaborer avec d’autres musiciens qui le pousse, comme de nombreux français, à s’exiler à Londres, capitale du cool où les loyers coûtent plus cher qu’un trois pièces à Belfort. Puisqu’il fait de la prod, Londres lui permet de bosser avec d’autres artistes locaux et d’étendre une fois de plus ses goûts musicaux.
Mais cette ville est aussi le lieu de naissance d’un musicien, King Krule, dont Holden Lou est en quelque sorte le petit cousin. Même ambiance funèbre, même désir de mélanger les styles et les sonorités, même voix rocailleuse, même rage. Une comparaison qui n’effraie pas le jeune musicien, bien au contraire : « J’aurais plutôt tendance à prendre ça comme un compliment. Après je ne trouve pas que nos musiques soient si similaires. Je pense que ça vient surtout du fait que nos musiques sont un mélange de genres auquel les gens ne sont pas habitués, donc ils vont caser ça sous la seule référence : King Krule. C’est une porte d’entrée dans le sens où ma musique va probablement toucher une partie de son public. »

Sur son unique morceau, baptisé Monochrome, celui qui écoute en boucle l’artiste Hak Baker (qui a récemment collaboré avec Mike Skinner de The Streets) a ressenti le besoin de se rattacher à l’actualité. « Monochrome est très ancrée dans l’actualité, chose que je fais rarement normalement. Voir le monde brûler avec toujours plus d’injustices ça rend fou quand on est enfermé chez soi. » La chanson s’attaque au sujet des violences policières, brûlant en ce moment. 

En s’intéressant à la production, et en écoutant des artistes aussi variés que des punks à guitares, des rappeurs mélancoliques qui posent sur des nappes synthétiques ou encore le petit prince James Blake, Holden Lou n’a qu’une envie : être libre, que ce soit dans le choix de ses musiques ou dans le processus créatif. Avec l’idée, comme un artisan, de reconstruire, refaçonner et remodeler ses morceaux jusqu’à trouver la bonne texture. En attendant qu'il s'affirme, et qu'il prenne pleinement possession de sa musique, la comparaison avec le King sera inévitable. Un deuxième morceau devrait arriver en septembre pour dévoiler une « nouvelle facette » (sic) de son univers. Peut-être que là, on verra un début d'émancipation.

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