20 ans après, la véritable histoire de la BO de « Requiem For A Dream »

Au 21ième siècle, elles sont finalement rares les bandes-son à avoir marqué l'imaginaire collectif. Avec « Requiem For A Dream », Clint Mansell a réussi cet exploit. C'était en 2000, et force est de constater que l'on n'a toujours pas fini de l'entendre résonner dans des tonnes de reportages ou documentaires à la recherche d'un ton mélodramatique.

En 2000, YouTube n'existe pas encore, et nul doute que Clint Mansell n'a aucune idée de la façon dont sa dernière composition, réalisée pour les besoins de Requiem For A Dream, pourrait être récupérée par tout un tas de vidéastes en herbe cherchant à renforcer l'effet dramatique de leur montage, vu comme une compilation d'images choquantes ou tout simplement comme un hommage à un footballeur iconique.

L'Anglais n'est probablement pas conscient également de l'impact que s'apprête à avoir son score, réutilisé à l'identique pour teaser la sortie de différents films (Babylon A.D., Troie, Sunshine), voire carrément réarrangé (Le Seigneur des Anneaux : les Deux Tours).  Pour le moment, il pense simplement tenir la parfaite banse-son pour le nouveau film de Darren Aronofsky, avec qui il n'a cessé de collaborer depuis. Après un faux départ : c'était en 1996, sur le tournage de Pi, dont Clint Mansell finit par se faire virer, la production n'ayant plus les moyens d'accorder un véritable budget au secteur « musique ».

Quatre ans se sont écoulés depuis cette triste première expérience, et l'Anglais a toujours plus d'arguments à faire valoir. Il y a ce déménagement à New York, salvateur. Il y a cette signature sur le label de Trent Reznor, Nothing Records, avec tout ce que cela implique comme nouvelles possibilités créatives - notamment une participation à la réalisation de « The Fragile » de Nine Inch Nails. Mais il y a surtout Requiem For A Dream, dont il envisage la BO à la façon d'un opéra : sans temps morts, chaque scène devant pouvoir s’appuyer sur une mélodie précise, censée illustrer l'état schizophrénique dans lequel tombent progressivement les personnages. 

C'est justement ce côté mélodramatique qui marque les esprits : écouter Lux Aeterna, véritable morceau de bravoure, c'est entendre les gars du Kronos Quartet mettre au point un déluge de cordes ; c'est se confronter à une mélodie répétitive, qui gagne en intensité à chaque seconde ; c’est entendre Clint Mansell transformer toutes ces intentions en une véritable symphonie, très éloignée des inclinaisons hip-hop recherchées initialement (un souhait du réalisateur, biberonné au rap durant sa jeunesse), mais suffisamment aboutie pour servir de fil rouge au reste de la BO. « C'était complètement différent de tout ce que nous avions vu, entendu ou pensé, explique Mansell, dans une interview à Entertainment Weekly. Ça a tout simplement changé l'ambiance du film. Ça nous a donné une ligne directrice sur ce que la musique devait être. »

Sur sa lancée, le compositeur attribue la réussite de son travail à sa simplicité, l'émotion instantanée qu'il procure. Sans doute est dû également à sa présence écrasante, presque hypnotique, du genre à rester en mémoire aussitôt entendu. Et avouons-le : il est toujours extrêmement jouissit de voir qu'une musique parvient à s’extraire de son contexte initial pour imprégner l’imaginaire collectif.

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