18 ans après, Roy Ayers va revenir avec un nouvel album

Erykah Badu dit de lui qu’il est le roi de la nu soul. Ce qui est très flatteur et en même temps assez réducteur pour l’Américain de 79 ans, toujours prêt à tourner le dos à ses habitudes. La preuve, une fois de plus, avec « Jazz Is Dead 002 », à paraitre vendredi et composé aux côtés d'Adrian Younge et Ali Shaheed Muhammad d'A Tribe Called Quest.

La notoriété d’un artiste, aussi importante soit-elle, ne devrait jamais empêcher ce dernier de se mettre en danger et de s’éloigner de toute forme de savoir-faire, ce fléau qui enferme tant de musiciens autrefois adorés dans des schémas mélodiques prévisibles et maintes fois éculés. Remercions ainsi Roy Ayers d’avoir toujours cherché à se réinventer, sans tutoyer l’excellence à chaque fois (l’exploit aurait été dingue, avec environ 90 albums à son actif), mais en ayant toujours le courage de se confronter à de nouveaux horizons.

Depuis 1966, le multi-instrumentiste américain a ainsi accompagné le célèbre flûtiste Herbie Mann, collaboré avec Fela Kuti, composé d’immenses singles dans les studios de Jimi Hendrix (Everybody Loves The Sunshine), enregistré aux côtés de David Bowie, Stevie Wonder, Guru ou Donald Byrd, et développé une vraie relation avec la nouvelle garde du hip-hop mondial, Tyler, The Creator en tête – sans compter sa présence sur la B.O. de Jackie Brown et le nombre impressionnant de ses morceaux samplés par les beatmakers.

Après neuf années d’absence, à peine comblées par la réédition d’un de ses classiques (« Silver Vibration ») et un concert "Tiny Desk", Roy Ayers a donc choisi d’enrichir sa riche discographie avec un album aussi mélodique que sophistiqué, composé aux côtés de deux musiciens désormais inséparables : Adrian Younge, producteur régulièrement sollicité par les artistes hip-hop (Wu-Tang Clan, Kendrick Lamar, Snoop Dogg, etc.), et Ali Shaheed Muhammad, membre fondateur d’A Tribe Called Quest.

Les deux compères, également actifs sous l'entité The Midnight Hour, ne sont pas les seuls artistes à œuvrer sur « Jazz Is Dead 002 ». Mais c’est indéniablement à eux que l’on doit la richesse et la modernité de ce nouvel album, tout en sensibilité soul et jazz ; une fraîcheur qui met à mal le titre de l'album, forcément ironique.

La force de « Jazz Is Dead 002 » est aussi d'être un album très court : soit huit morceaux compilés en à peine 30 minutes. Pour un résultat riche en arrangements, en mélodies qui masquent leur complexité derrière une recherche constante de l'efficacité, en refrains classieux et en sonorités héritées de l'Afrique noire. African Sounds est d'ailleurs le titre de l'ultime morceau, sur lequel Adrian Younge prend exceptionnellement la parole pour livrer un discours parfaitement adapté au chaos actuel : « Même dans l'obscurité de la vie, nous devons nous serrer les coudes, nous devons faire mieux... Alors demandez-vous : est-ce que mon amour pour mon peuple n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan du temps ? Ou est-ce que mon amour pour mon peuple est un état d'esprit nécessaire ? »

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