Pomme publie une lettre pour dénoncer les violences sexuelles subies à ses débuts

"De là où je suis, j’ai décidé de dire les choses. De ne plus laisser régner la peur, la peur de quoi, je sais même pas". Ainsi débute la lettre envoyée par Pomme à Mediapart, et destinée à libérer la parole de toutes les femmes, qu'elle soit musicienne ou pas.

"Etre belle et gentille, je m'en fous". Ce n'est pas le titre d'une chanson de Claire Pommet - ça pourrait - c'est une citation extraite de son interview pour Jack, voilà presque un an. Elle y confiait notamment que dans l'industrie musicale, "il était toujours plus difficile pour une femme de prendre la place de la personne qui sait". Une vérité confirmée par tant d'autres musiciennes, de Camélia Jordana à Clara Luciani

Un an plus tard, et alors même que la France fait enfin le ménage dans ses bureaux - aidé en celà par le compte Instagram MusicToo, Claire Pommet reprend la parole via Médiapart pour s'exprimer plus personnellement sur les affronts subis à ses débuts, à l'âge de 16 ans.

 

Sans nommer personne, celle qui est nommée cette année dans la catégorie Artiste féminine des Victoires de la musique revient sur sa propre expérience, douloureuse comme on l'imagine. "Mon arrivée dans l’industrie de la musique a été traumatisante. Comme pour beaucoup d’autres femmes [...] De mes 15 à mes 17 ans, j’ai été manipulée, harcelée moralement et sexuellement, sans en avoir conscience à cette époque évidemment".

Disposant aujourd'hui d'une caisse de résonnance bien plus importante, Pomme explique également, en détails, comment la manipulation psychologique d'hommes cisgenre a failli (sic) lui faire perdre le peu de confiance en elle, à un âge où justement l'artiste prend ses marques. "J’ai été l’objet de quelqu’un, façonnée selon ses fantasmes et déviances psychologiques. [...] Être un adulte de 30 ans face à une adolescente de 16 ans et la briser. Réussir à lui faire croire qu’elle est le problème, en la sexualisant, en la rabaissant, en la contrôlant. Partir en marchant à pieds joints sur les débris d’une santé mentale détruite. Ne plus jamais donner de nouvelles. « Sois plus sexy, moins enfant. », « J’aurais dû te baiser ». « Reprends tes chansons de merde et casse-toi, débrouille-toi. ». La stratégie d’un nombre effrayant d’hommes artistes, producteurs, musiciens, chanteurs, directeurs de labels, directeurs artistiques, et j’en passe".

Et de poursuivre en mentionnant à juste titre le rôle de MusicToo, ayant recueilli plus de 300 témoignages à propos d'agressions, harcèlements et viols réalisés à 98% par des hommes sur des femmes. Avec cette tribune, la musicienne - comme Camélia, encore une fois - espère ainsi sortir de la boite dans laquelle le système aurait aimé la mettre, et ce afin que sa popularité soit utile au plus grand nombre. Un exemple pour tou.te.s les artistes pour qui l'expression "chanson engagée" n'est qu'une étiquette marketing. Preuve de cette évolution positive, la représentation féminine très marquées aux Victoires 2021, avec notamment Yseult, Aya Nakamura, Jordana, Suzane et donc Pomme. Autant de femmes libérées qui devraient sans trop de surprises marquer les esprits sur les mois à venir.

Pour le reste, on vous invite chaleureusement à lire l'intégralité de la lettre ouverte, disponible sur le site de Mediapart.

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