William Onyeabor décédé, c’est la musique moderne qui perd son Fantastic Man

  • Lundi 16 janvier, William Onyeabor, pionnier de l’électro-funk au Nigéria, est décédé à 70 ans de la même manière qu’il est entré dans la musique : dans l’anonymat. Une injustice.

    C’est le label de David Byrne, Luaka Bop, qui a annoncé la triste nouvelle hier : William Onyeabor est décédé paisiblement dans son sommeil lundi 16 janvier, dans sa maison à Enugu, village dont il était depuis quelques années le chef et le pasteur. Quelques heures plus tard, l’ancien leader des Talking Heads a lui aussi tenu à rendre hommage au « Fantastic Man » : « Ses enregistrements surprenants (aucun autre musicien africain n’utilisait alors de synthétiseurs), ses textes conscients, son message et ses ambitions entrepreneuriales (jusqu’à ce qu’il les vende en fin d’année dernière, il avait ses propres machines de mastering et de pressage) étaient bien en avance sur leur époque. Il continue d’inspirer les musiciens et les fans dans le monde entier. »

    Inconnu du public occidental jusqu’à la publication par Luaka Bop de la compilation « Who Is William Onyeabor? » en 2013, voire de la sortie du documentaire Fantastic Man ou des concerts tribute donnés par Sinkane, Damon Albarn, Pharoah Sanders et d’autres, William Onyeabor mérite en effet une place de choix dans la musique moderne. De lui, on sait qu’il a étudié en URSS avant de revenir au Nigéria dans les années 1970 pour y créer son propre label (Wilfilms Recording), qu’il a composé de nombreuses B.O. et qu’il a publié neuf albums entre 1977 et 1985, entièrement auto-produits, riches en fulgurances comme en électricité, en incantations religieuses comme en déclarations politiques, et écoutés aussi bien par les maîtres de l’électronique d’aujourd’hui (Four Tet, Caribou) que par quelques artisans du son, comme Devendra Banhart ou Hot Chip.

    On peut bien sûr regretter de l’avoir découvert si tard, mais l’on peut aussi (un peu) se consoler : William Onyeabor aura au moins eu le temps de voir que les jeunes générations s’enthousiasment pour sa musique, fabuleux mélange tout en groove d’électro-funk, de high-life et d’afrobeat.

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