Voilà pourquoi Megan Thee Stallion est la meilleure rappeuse actuelle

Signée sur 300 Entertainment, le label fondé par le puissant Lyor Cohen, l'Américaine s’est mise dans la poche le grand public et les puristes. Un exploit qu’elle compte bien prolonger avec la sortie de « Good News », un premier véritable album qui devrait lui permettre d’affirmer sa toute puissance.

Pour un Européen élevé aux mythes conquérants du rap américain, de la débauche d’énergie de Missy Elliott au charisme politique de Beyoncé, Megan Thee Stallion est une aubaine, un fantasme. Biberonnée au hip-hop par sa mère, également rappeuse sous le pseudo Holly-Wood, c’est dans les saintes écritures du hip-hop de UGK, Three 6 Mafia et Biggie qu’elle semble avoir appris à lire, quitte à sauter quelques lignes et à inventer un argot vivant, malicieux et parfaitement mis en son dans des morceaux portés par un éclectisme bien de son époque.  

Depuis « Fever », sorti en 2019, trois ans après sa première mixtape (« Rich Ratchet »), l’Américaine suscite admiration et fascination. La suite est donc le propre des parcours ascentionnels : beaucoup de détermination, un peu de chance, des collaborations de prestige (Hot Girl Gummer, avec Nicki Minaj, notamment), des streams qui affolent les médias et la nécessité de prendre du recul pour construire une œuvre au sein d’une industrie où seuls survivent celles et ceux qui se battent le mieux - ou le plus.

Au fond, tout ce que Megan Thee Stallion a mis en place ces quatre dernières années n’était qu’une étape. Pour préparer l’avenir, mais surtout 2020. Année héroïque : tandis que son duo avec Cardi B (WAP) a généré plus de 93 millions de streams en à peine sept jours en août dernier, Savage a bénéficié d'un remix de Beyoncé (originaire elle aussi de Houston, Texas) ; alors qu'elle se servait de Captain Hook pour tourner les clichés machistes à son avantage, elle profitait d'un passage sur le plateau du Saturday Night Live pour politiser sa démarche, rappelant l'importance « de protéger nos femmes noires » ; tandis que le Times la fait poser en couverture de son fameux numéro annuel dédié aux 100 personnes les plus influentes du monde, « Good News », son nouveau long-format, s'apprête à paraître et se veut un beau contrepied à notre époque.

Pourquoi ? Parce que quand un grand nombre d'artistes arrivent actuellement avec des projets « nés pendant le confinement », « hautement introspectifs » et résultant « d'une période où nos vies se sont arrêtées », « Good News » a été pensé comme une bouffée d'air : « Au beau milieu de tout ce qu'il se passe dans le monde et pour moi, cet album sera fun, excitant et... une bonne nouvelle ! » Bref, un antidépresseur assez puissant, une énorme fête à laquelle ont été conviés de nombreux artistes pas effrayés pour un sou à l'idée de créer un cluster géant : DaBaby, Beyoncé, Lil Durk, SZA, Young Thug, ou encore 2 Chainz.

« C'est juste une incroyable MC », disait d'elle Q-Tip (A Tribe Called Quest) l'année dernière. On sent en effet chez elle une certaine faculté à varier les tonalités, tordre son flow ou simplement adapter ses mots à la mélodie. L'idée étant de toujours donner l'impression de dominer l'instrumental : sans doute un héritage des (très) nombreux freestyles donnés par le passé ; pourquoi pas également le témoignage d’une personnalité déterminée, qui a souhaité terminer ses études à la Texas Southern University avant de se consacrer pleinement au rap ?

On sent en tout cas une grande discipline à l'écoute de ses différents morceaux, capables de provoquer des phénomènes populaires sans pour autant cocher toutes les cases d'un son générationnel. Girls In The Hood semble tout droit sorti d'une session donnée par Lil Kim dans les années 1990, Don't Stop est porté par un beat lourd, presque étouffant, et Savage (243 millions de streams, tout de même) s'entend comme un banger minimaliste. Ce qui distingue Megan Thee Stallion de ses contemporaines, sans prétendre qu'elle révolutionne le genre, c'est donc son aisance derrière le micro, le charisme qu'elle impose à chaque titre, son bagout éclatant et le magnétisme de sa voix, qui permet à n'importe quelle production de passer pour un tube potentiel.

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