Un million de dollars par heure : c'est ce que gagnent désormais les majors grâce au streaming

Non, votre groupe préféré d'indie-rock venu de Russie n’y est pas vraiment pour grand-chose.

Dans une récente interview à StreetPress, Pauline Duarte, l'ex-patronne de Def Jam France (Koba LaD, Alonzo, Kaaris,…), disait que « dans les labels urbains, 90% des revenus proviennent du stream, et non des ventes physiques ». À la lecture d'une étude menée par Music Business Worldwide, il faut croire que cette tendance s'applique également chez les majors : Universal, Sony Music et Warner Music ont généré en moyenne 22,9 millions de dollars par jour en 2019. Lors du dernier trimestre de l’année dernière, c’est même encore plus fort : 2,26 milliards de dollars à eux trois, uniquement grâce au streaming. Un record, évidemment, toujours plus fou lorsqu’on découpe cette somme par jour (24,8 millions) et par heure (1,03 million).

Dans les faits, la croissance (1,43 milliard de dollars) est moins importante qu'en 2018, année où les revenus avaient augmenté de 1,62 milliard de dollars par rapport à 2017. Mais rien d'alarmant, bien au contraire. D'une, parce que le graphique ci-dessus le prouve : le streaming représente désormais plus de la moitié du chiffre d'affaires global des majors, mais aussi 79,5% des revenus de la musique enregistrée. De deux, parce que les sommes générées en 2019 sont supérieures à celles générées par la totalité de musiques enregistrées en 2017.

Pourquoi ? Comment ? Peut-être tout simplement parce que le nombre d'adeptes ne cesse d'augmenter, là où les amateurs du format physique se font de plus en plus discrets - selon un rapport de RIAA, les ventes de CD auraient baissé de 12% en 2019. En France, la tendance se vérifie : en 2019, 1,7 million de Français ont souscrit un abonnement aux plateformes de streaming, portant le chiffre total des abonnés à 7,2 millions (9,4 millions si on prend en compte les offres familiales). Non, Spotify, Deezer ou Apple ne sont pas réservés aux jeunes : selon le syndicat national de l'édition phonographique, 25% des abonnés en France ont plus de 55 ans, soit à peine moins que le pourcentage d'usagers âgés de moins de 25 ans (28%).

Mais revenons-en aux trois majors de l'industrie qui ont su s'arroger près de 70% des parts du marché en 2019, et qui voient pour la cinquième année consécutive leurs revenus en hausse. À croire que l'écoute en ligne a définitivement redonné de l'allant à une industrie habituée aux galères au cours des quinze premières années du 21ème siècle. « On a connu une dégringolade du chiffre d'affaires vertigineuse de 15% d'une année sur l'autre », constatait dans les Échos Thierry Chassagne, président de Warner Music France.

Désormais, Sony, Universal et Warner semblent avoir trouvé le moyen d'équilibrer les comptes et de miser sur des artistes particulièrement appréciés par les jeunes générations (Billie Eilish, Taylor Swift, Post Malone, etc), dont la durée moyenne d'écoute par semaine est de 7h03 en France. Au point d’arrêter de parler de maisons de disques et de commencer à définir ces différentes structures comme des maisons de streams ? Ça, c'est à vous de juger.

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