Surprise : il y a 20 ans, Coldplay sortait un album qui tenait la route

À l'été 2000, le monde apprend à connaître un jeune quatuor anglais légèrement similaire à d'autres formations pop britanniques, mais quand même, avec cette écriture qui fait de « Parachutes » un disque séduisant. Peut-être le plus sincère de la discographie de Coldplay ?

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les Anglais savent soigner leur entrée : l'album éponyme des Stone Roses, « Definitely Maybe », « Pablo Honey » de Radiohead ou même « Showbiz » de Muse, tous ces premiers albums ont suffi à installer leurs auteurs au sein du paysage pop mondial. « Parachutes » s'inscrit dans la même tradition, et il faut croire que cela ne doit rien au hasard : « On a répété, tous les jours pendant presque un an, dans nos chambres, ne mettant le nez dehors que pour aller voir d'autres copains se produire sur scène, expliquait Chris Martin aux Inrocks à l’occasion de la sortie de l’album. La vie nocturne londonienne, les clubs, tout ça ne nous a jamais attirés : au lit tous les soirs à minuit ! »

Ce propos, finalement peu en phase avec la fureur du rock, n’étonnera pas ceux qui ont fini par ranger Coldplay dans la catégorie des « groupes de stade » ; soit le genre de formation qui préfère le confort des mocassins à la bière chaude déballée dans un pub miteux, qui joue les philanthropes face caméra avant de rentrer le soir dans sa villa achetée à grands coups d’American Express. Et pourtant, le constat est difficilement discutable : « Parachutes » est un disque rempli à ras bord de pop-songs séduisantes, finement ficelées et noircies par les aléas de la vie - un exploit d’autant plus impressionnant quand on sait que la moyenne d’âge du quatuor ne dépasse pas les 21 ans.

En le réécoutant aujourd'hui, on entend illico ce qui va finir par diviser le monde en deux : les gens dits de goût, qui préféreront toujours la retenue à la grandiloquence, les mélodies joliment tricotées à celles qui flirtent constamment avec la démesure ; et ceux, peut-être les plus dangereux d’entre nous, qui trouvent du sens à leur vie en écoutant les yeux fermés des bootlegs de Coldplay en acoustique. Pourtant, c'est là toute la beauté de ce « Parachutes ». Chris Martin et sa bande trouvent alors l'équilibre parfait entre la mélancolie de Radiohead et une écriture pop typiquement anglo-saxonne.

Il faut avoir entendu Don’t Panic résonner dans une des scènes de Garden State, le premier film de Zach Braff, pour comprendre à quel point la voix de Chris Martin, à situer quelque part entre Jeff Buckley et Dave Matthews, prend toute sa dimension lorsqu'elle est écoutée dans la brume, l'esprit tiraillé par mille questions existentielles, comme pour se convaincre que, oui, « on vit dans un superbe monde ».

Dans le fond, Coldplay ne fait ici rien de ce qui a déjà été fait ailleurs : chez Radiohead, chez Oasis ou chez The Verve. Mais ils le font avec un tel goût de la mise en son, des arrangements et des mélodies, que « Parachutes », écoulé à 2,7 millions de copies au Royaume-Uni, les place illico dans le club très privé des grands disques de pop anglaise des années 2000.

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