Pourquoi la fermeture des rayons disques des grandes surfaces est une grosse connerie

À chaque jour, sa décision gouvernementale à même de réduire à néant le secteur culturel, définitivement considéré comme « non essentiel » au quotidien des Français. Pendant ce temps, c’est Jeff Bezos et Amazon qui se frottent les mains.

Deux évènements étroitement liés sont venus agiter les premiers jours de ce nouveau confinement. Un : la fermeture des disquaires et des librairies (entre autres), tout en permettant à la Fnac et aux supermarchés de rester ouverts et de proposer à la vente leur stock de livres et de CD. Deux : l’impossibilité, dans un second temps, pour ces temples de la consommation d’écouler ces mêmes produits, d'abord par « souci de responsabilité », le directeur de la Fnac de Saint-Brieuc affirmant que le groupe est « pour la réouverture de toutes les librairies », puis par décision gouvernementale. Jean Castex a confirmé ce dimanche 1er novembre, sur le plateau de TF1, que les grandes surfaces ne devaient vendre que des produits jugés « essentiels ».

Passons sur cette appelation, sinon dégradante, du moins méprisante, surtout quand on sait à quel point les Français et Françaises ont trouvé refuge dans l'art lors du premier confinement, profitant d'un livestream, d'un livre ou d'un album pour fuir leur quotidien cloisonné.

Ce ne sont pourtant pas les voix qui manquent : la photo d’un rayon culturel d’une grande surface isolé par une bannière d'interdiction a été relayée plus de 13 000 fois (uniquement sur Twitter), une pétition incitant le président Macron à faire le choix de la culture en rouvrant les librairies a été signée par plus de 150 000 personnes à l'heure où l'on écrit ces lignes, tandis que l'Académie Goncourt, François Hollande et de nombreuses boutiques indépendantes ont cherché à rappeler le caractère essentiel de l'accès à la culture.

Ne serait-ce que pour s'enrichir, pour apprendre et comprendre le monde, pour trouver un écho à ses pensées intimes, mais aussi pour participer au dynamisme d'une ville ; un dynamisme auquel, on le rappelle, ne participe pas des enseignes de e-commerces comme Amazon, dont le chiffre d'affaires a triplé au cours du troisième trimestre de 2020...

L’idée, au fond, n’est même pas de tomber dans l’éternel débat qui oppose les disquaires et les librairies indépendants à la Fnac car, comme le rappelle une imprimeuse dans un entretien au Huffington Post : « Les zones rurales sont très nombreuses en France, croire qu’on peut consommer de la culture uniquement dans une librairie indépendante en centre-ville est inexact. » Non, cette situation doit avant tout servir à pointer du doigt le ridicule des décisions prises par le gouvernement en place, incohérentes, incompréhensibles et surtout dangereuses pour le secteur culturel.

Bien sûr, des solutions existent : il est ainsi possible (et fortement conseillé !) de commander directement sur des sites indépendants (librairiesindependantes.com, librest.com, etc.) et de privilégier les Pick & Collect pour les boutiques ayant mis en place ce dispositif (comme Les Balades Sonores, Souffle Contenu, Born Bad ou Ground Zero à Paris). Est-ce que ce mode de consommation temporaire sera utile à la survie de ces commerces ou est-ce que cela revient à mettre une perfusion sur un cadavre ? Nul ne le sait. Mais c'est déjà une excellente façon d'afficher notre soutien à tous ces commerçants, sans doute un peu plus abasourdis encore par les propos tenus hier par Jean Castex, affirmant que le gouvernement ne reviendrait pas sur les mesures annoncées.

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