Manu Macron veut-il tuer tous les festivals français ?

En cause, une circulaire relative à l'indemnisation des services d'ordre qui entrainerait une augmentation des coûts de sécurité pour les festivals. Du côté des organisateurs, ça gronde !

À bas la circulaire. Le 15 mai dernier, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb signe une circulaire qui entend « clarifier les critères et les conditions de l'indemnisation et instaurer un processus d'échanges préalables avec les organisateurs d'événements ». Dans un langage clair, ça signifie que les organisateurs de festivals seraient désormais obligés de réserver une part plus conséquente de leur budget au déploiement des forces de l'ordre sur leurs sites et aux abords. Pas cool, forcément.

D'autant que les frais consacrés aux mesures préventives de sécurité n'ont cessé d'augmenter depuis les attentats de 2015 : un rapport publié l'année dernière par le Centre national de la chanson des variétés et du jazz indique ainsi que, entre 2014 et 2016, les charges techniques, logistiques et de sécurité prenaient 7% par an. À titre d’exemple, selon le HuffPost, les Vielles Charrues consacreraient 300 000 euros supplémentaires à leur budget sécurité, pour un total de 1,3 million d'euros.

« Désengagement général de l’État. » À bien regarder cette infographie, on comprend que le ministère de l'Intérieur, qui cherche actuellement à discerner les missions qu’il pourra facturer aux responsables de celles que l’État devra continuer à soutenir, ne prendrait désormais plus en charge qu'une seule des huit missions potentiellement mises en place. « Gérard Collomb fait payer aux festivals de France et de Navarre des frais de sécurité de plus en plus hallucinants. Pour certains, c'est supportable. Pour d'autres, c'est la mort », a d’ailleurs réagi Jack Lang sur France Inter. « Je ne comprends pas que Gérard Collomb, qui a été un si bon maire de Lyon pour la Culture, soit un aussi désastreux ministre de l'Intérieur pour les Arts. »

Situation alarmante. Dans la foulée, Jack Lang appelle le gouvernement actuel « à tenir compte de la réalité économique et culturelle », et donc à comprendre à quel point cette circulaire met en péril la santé des festivals français. D'autant que le fonds d'urgence mis en place en 2016 (d'une quinzaine de millions d'euros) a considérablement baissé depuis (4 millions d'euros cette année) et ne sera pas reconduit en 2019. 

« On ne peut pas d’un côté ne plus avoir de fonds d’urgence sous prétexte qu’on n’est plus en état d’urgence, et de l’autre voir sa facture qui augmente », s'insurge ainsi Jérôme Tréhorel, le directeur des Vieilles Charrues, dans un article du HuffPost. Dès lors, deux solutions : augmenter son prix d'entrée d'une dizaine d'euros ou s'endetter encore davantage, comme le regrette François Floret, le directeur de La Route du Rock : « La différence entre les gros festivals et nous, c’est qu’eux pourront rogner sur leurs marges alors que nous, ça nous mettra dans le rouge. »

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