Le mythique club de l'Hacienda à Manchester va rouvrir pour une rave virtuelle

Des musiciens house et DJ se succéderont toute la journée de midi à minuit le dimanche 11 avril pendant que des noms bien connus du côté de Manchester, comme Peter Hook de Joy Division et Shaun Ryder des Happy Mondays, seront là pour raconter des anecdotes sur le club mythique de la ville qui a fermé ses portes il y a 23 ans. Retour express sur son histoire.

La culture rave est née à l’Hacienda. Et ce dimanche (11 avril), l’esprit de ce mouvement va renaître virtuellement pour se remémorer à quel point ce lieu a été crucial pour la ville. Des DJ américains comme britanniques (Graeme Park, Jon Dasilva, David Morales, Roger Sanchez, etc.) seront en direct depuis chez eux pour des sets confinés ; des légendes du club, comme Peter Hook, dont l’histoire est intimement liée au club, seront également présentes pour raconter l’envers du décor. Mais ce décor, le voici. 

Le club de Manchester, qui a d’ailleurs accueilli le premier concert en Angleterre de Madonna en 1984 ou encore Laurent Garnier, était le bébé d’un homme : Tony Wilson, grand manitou de la ville et patron du label Factory, maison de Joy Division, Happy Mondays, A Certain Ratio ou encore The Durutti Column. Pour financer tout ce bordel, Tony va s’appuyer sur New Order, groupe formé à la suite du décès de Ian Curtis par les autres membres de Joy Division. Le deal est que les ventes d’albums du groupe financent, en partie, le club. À ses débuts (entre 1982 et 1985), l’Hacienda organise des concerts, et voit passer Sonic Youth, The Fall ou encore les Cramps. Mais le club fait aussi jouer des DJ qui font un bide en passant des musiques électroniques, caribéennes et afro-américaines. Déjà à l’époque, des artistes comme Grandmaster Flash, Afrika Bambaataa ou Gil Scott-Heron se pointent à l’Hacienda pour monter sur scène. Mais en 1985 en Angleterre, il est encore trop tôt, et l’Hacienda est en avance sur son temps. 

Si Factory est reconnu, à juste titre, pour l’émergence du post punk et de l’indie avec A Certain Ratio, The Wake et d'autres, le label sort également des groupes aux explorations musicales plus lointaines : X-O-Dus (plutôt reggae), Biting Tongues et même du raï avec la formation Fadela. Certains groupes sont d'ailleurs réunis sur la compilation baptisée « Factory Records 12’’ mixes & rarities 1980 – 1987 ».

Cette mouvance sera amplifiée en 1987 quand l’Hacienda mise sur la musique acid-house et attire les jeunes du coin qui s’empilent dans les soirées club et découvrent par la même occasion l’ecstasy. La culture rave va naître ici, sous leurs yeux, avec la même recette que quelques années plus tôt, c’est-à-dire des DJ. C’est l’apogée de l’Hacienda. Le monde entier débarque à Manchester pour tenter de comprendre ce phénomène, la défonce et les soirées. C’est aussi à ce moment que le terme « Madchester » est employé pour qualifier la scène musicale avec les Happy Mondays, les Stone Roses ou encore The Charlatans.

Le lieu devient aussi le repère de tous les camés du coin. Si les clubbeurs sont au rendez-vous, et que les concerts s’enchaînent, les finances sont toujours dans le rouge vif. Les raisons ? Les fêtards ne consomment pas d’alcool. Par contre, ils achètent aux dealers à l’intérieur même du club qui font peur à la police et ont la mainmise sur l'Hacienda. La direction joue avec l’argent comme bon leur semble en s’augmentant au besoin, les employés organisent de faux cambriolages pour revendre le matos, et quand bien même un client veut boire, il lui arrive souvent de consommer gratuitement. Il faut aussi rappeler que le lieu est ouvert 7 jours sur 7 et presque 24 heures sur 24. Si les gros concerts rapportent, le reste du temps, le lieu est presque vide. Les finances, la violence et les gangs auront raison de l’Hacienda. En 1997, une jeune fille y décède et le club donne un dernier coup de clefs. En 2002, le bâtiment est démoli et la ville construit des appartements à la place. 

Pour voir le live de dimanche, c'est par ici.

Pour aller plus loin : le livre de Peter Hook La meilleure façon de couler un club et le film 24 Hours Party People qui retrace l’histoire du club. 

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