La folle histoire de Susi Wyss, la muse d'Iggy Pop et David Bowie

Iggy Pop lui a dédié un morceau, David Bowie et un certain nombre d'autres rockstars ont couché avec, Françoise Hardy la considère comme une de ses meilleures amies et son appartement parisien a accueilli tout le gratin de la pop française, de Jacques Dutronc à Serge Gainsbourg et Étienne Daho.

Confession d'une égérie. Historiquement, le rock a ses stars inoxydables (Mick Jagger, Iggy Pop), ses icônes adeptes des poses outrancières (Axl Rose), mais aussi ses figures méconnues ayant accédé à la reconnaissance on ne sait trop comment ni pourquoi.

Dans cette dernière catégorie, on trouve donc Susi Wyss, une Suissesse dont les mémoires (Guess Who Is the Happiest Girl in Town) ont été publiées il y a quelques mois : soit 850 pages de rock, de sexe, de cinéma (elle a fait une apparition dans Lucifer Rising de Kenneth Anger), de plongée dans les coulisses de la jet-set et, forcément, de sexe. Rien de choquant quand on sait que Susi Wyss, aujourd’hui âgée de 81 ans, a partagé plusieurs siestes crapuleuses avec le gratin de la pop musique.

Dans une récente interview à Rock & Folk, elle raconte comment Esther Friedman, alors fiancée avec Iggy Pop, l’a convaincue de coucher avec l’Iguane : « Un soir, Esther m’a dit : “S’il te plaît, fais l’amour avec lui, parce qu’avant un concert, il faut qu’il baise.” J’ai dit : “Mais je ne suis pas amoureuse de lui. – Fais-le, c’est pour me faire plaisir.” Il faisait ça très bien, je dois dire […] On s’est beaucoup revu avec Iggy, mais il ne m’a plus jamais touchée. » En revanche, il lui a dédié un morceau : Girls, en 1979.

La muse s’amuse. Il serait toutefois injuste de limiter Susi Wyss à cette anecdote ou à ces nuits qu’elle a eu l’occasion de partager avec diverses rockstars. Rétrospectivement, ça lui permet certes de se la raconter en affirmant que « les musiciens font mieux l'amour que les autres », mais la Suissesse, installée dans le 14ème arrondissement parisien, n'a finalement été call-girl que cinq ans. Sa vie est avant tout celle d’une égérie.

À remonter le fil de son parcours, on comprend d’ailleurs que c’est elle qui branche Françoise Hardy (à qui l’on doit le surnom « Susi la cochonne ») avec Willy DeVille, Iggy Pop ou même Bowie, qui rêvent alors tous de collaborer avec elle – et visiblement de partager sa couchette. On apprend aussi que la drogue rendait Bowie extrêmement parano, au point de la suspecter d’être une espionne lors de leur première rencontre à Berlin, où elle partage une oie farcie avec le Thin White Duke le soir de Noël. On comprend enfin qu’elle a servi de muse pour des artistes aussi variés qu’Étienne Daho, Jacques Dutronc, Lou Reed, Brion Gysin ou Salvador Dalí .

À lire ses mémoires, on pourrait se dire que Susi Wyss était déconnectée de la réalité avec ces soirées passées aux côtés du tout-Paris, où « le haschich, l'acide, la mescaline, la cocaïne, les threesomes et les délires SM étaient au menu ».

On pourrait aussi se dire que les quarante premières années de la vie de cette femme, diplômée d'une école de mode à Zurich, n'ont été que fête et démesure. Mais ce serait oublier que Susi Wyss, aujourd'hui érigée en icône féministe par certaines personnalités (notamment le photographe Helmut Newton), a également perdu un certain nombre de ses proches, très jeunes, à cause de drogues qui n'étaient finalement plus si amusantes que ça. C'est du moins ce qu'elle raconte dans Guess Who Is the Happiest Girl in Town. Comme pour rappeler que, non, malgré tous ces souvenirs, elle n'a pas toujours été la « fille la plus heureuse de la ville ».

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