L'histoire du "Brothers" des Black Keys qui fête ses 10 ans

Le sixième album des Américains, et l’un de leurs plus gros succès, a déjà 10 piges. Il a surtout permis au groupe de devenir « mainstream », pour le meilleur comme pour le pire.

Avant « Brothers », les Black Keys sont un peu considérés comme des sous-White Stripes. Pourtant, et même si Jack White et Dan Auerbach ne sont pas les meilleurs amis au monde, les clés noires ne pompent pas tout sur le fondateur de Third Man. Les deux premiers albums « The Big Comme Up » et « Thickfreakness » montrent bien le côté garage rock crasseux, un son volontairement rétro et lo-fi qui casse les oreilles.

Il faut dire que Patrick Carney (batterie) et Dan sont amis depuis qu’ils ont 8 ans, ayant grandi dans le même quartier d’Akron dans l'Ohio. Ils se connaissent donc bien, et ont eu le temps de nouer une relation avant la sortie des premiers albums. Le groupe se forge une petite réputation qui dépasse largement leur terre native, font tout eux-mêmes et deviennent petit à petit un trésor caché dont on a un peu de mal à se passer. Sur scène, ils sont encore loin d’avoir le nom en haut de l’affiche, faisant les premières parties de Beck ou Sleater-Kinney. 

« Rubber Factory » vient confirmer le statut et « Attack & Release », leur cinquième album enregistré dans un vrai studio, fait monter la sauce (même si le disque est loin d’être bon). Entre-temps, les Black Keys misent sur la synchronisation, c’est-à-dire vendre leurs morceaux pour des pubs, pour se faire du blé.

Mais peu importe : les Black Keys ne sont plus les petits rockeurs underground des débuts, et surtout, ils ont l’ambition d’être des têtes d’affiche. Pour y arriver, ils comptent sur leur prochain disque : « Brothers ». En dix ans, Dan et Patrick ont compris ce qui fonctionnait, et comment alterner entre les tubes plus immédiats et « pop » et les morceaux plus crasseux. Le hic ? La relation entre les deux amis d’enfance se brise. Pour Patrick, dans sa vie perso, c’est compliqué : sa femme le trompe et il ne sait plus où il en est. De son côté, Dan s’attelle à un excellent disque solo (« Keep It Hid » en 2009) mais le batteur est furieux car il prétend qu’il n’était pas au courant. Les deux arrêtent de se parler durant un moment. Mais alors qu’ils se retrouvent en studio (le Muscle Shoals Sound Studio), les deux amis pondent Next Girl et retrouvent la magie d’antan. Surtout que l’acoustique du studio, particulière, force les musiciens à opérer différemment. 

Sur le disque, dont la pochette fait beaucoup parler, les deux rockeurs écrivent principalement sur l'amour, thème d’inspiration numéro 1 dans la musique depuis 1870 (Everlasting Light, Tighten Up, Too Afraid To Love, Next Girl, etc.). Ce sont des années de frustration, de galère et d’amitié qui ressortent. Un disque direct, sans chichi, hyper rock et direct qui tape dans l’œil pile au bon endroit. Et réussir cet exploit est bien évidemment plus difficile que l’on ne le croit.

Les tubes sortent en pagaille et l’album fait partie de ses disques qui rencontrent un succès énorme presque d’un seul coup. Suivent des gros concerts à guichets fermés, leurs noms en haut de l’affiche et des nominations aux Grammy. « On a de la chance de ne pas avoir été un de ces groupes qui cartonnent dès leur premier disque pour ne plus vivre ensuite que dans l'ombre d'un triomphe prématuré », a confessé Dan lors d’une interview pour Télérama. Le succès s’est donc construit, et il atteindra une nouvelle dimension sur « El Camino » dès 2011. Leur dernier bon disque. 

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