Jack Antonoff, le producteur derrière les albums de Taylor Swift et Lana Del Rey

Aux manettes du dernier album de Taylor Swift, « Folklore », salué par la presse internationale, l'Américain est en train de se constituer un C.V. à même de résumer la pop music américaine des cinq dernières années.

Taylor Swift - « 1989 »

En interview, Jack Antonoff confesse volontiers qu'il y a eu un avant et un après Taylor Swift dans sa carrière. Avant, il n 'est encore que l'un des membres de Fun, resté dans les mémoires pour le succès du single We Are Young. Après « 1989 » en 2014, il devient un producteur à succès, ce que personne ne semblait voir en lui : « Taylor est la première personne qui m'a laissé produire une chanson, rembobine-t-il au New York Times. Avant Taylor, tout le monde disait : “Tu n''es pas producteur.” Il a fallu Taylor Swift pour dire : “J'aime la façon dont ça sonne.” »

L'Américaine, jusqu'alors habituée à chanter ses peines de cœur, trouve en Jack Antonoff le producteur capable de l'emmener vers un son plus nerveux, cool ou sexy. Il ne s'agit plus de jouer à la jeune fille un peu prude ou de courir après la reconnaissance des garçons, mais bien d'affirmer une personnalité, une voix et un son, nettement plus synthétique que sur les quatre albums précédents. Après des années à jouer dans des formations de seconde zone et à multiplier les tournées dans des camionnettes rafistolées pour l'occasion, Jack Antonoff devient un producteur de renom, cet artisan du son que l’on retrouve sur tous les derniers albums de Taylor Swift, y compris à l’écriture de certains de ses plus fameux singles tels que Look What You Made Me Do.

St. Vincent - « Masseduction »

Au fil des années, St. Vincent a clairement démontré un goût du grand écart, peu commun au sein d'une industrie qui n'aime rien de moins que de mettre les artistes dans des cases. Avec « Masseduction », son cinquième album, l'Américaine pousse le vice encore plus loin aux côtés du saxophoniste Kamasi Washington, du pianiste Doveman (Sufjan Stevens, The National), de son ex-girlfriend Cara Delevingne et, donc, de Jack Antonoff, engagé à la production quelques mois après avoir orchestré le « Melodrama » de Lorde. En résulte un disque qui canalise avec brio les ambitions pop d'une artiste qui trouve chez ce dernier le parfait collaborateur pour assumer ses mélodies toujours plus grandioses.

« J'aime son esprit et sa générosité, racontait-elle à Junkee. Il est comme l'ultime pom-pom girl. En studio, vous pouvez essayer quelque chose et vous dire : “Ooh, je suis à côté de la plaque, je ne sais pas ce que je suis en train de faire.” Mais lui est là, à 100% derrière toi. » Au dernières nouvelles, Jack Antonoff et St. Vincent seraient sur le point de renouveler l’expérience.  

Lana Del Rey - « Norman Fucking Rockwell! »

En 2019, on ne peut définitivement plus résumer Jack Antonoff à son statut de boyfriend de luxe. Alors, oui, certains médias continuent de s'attarder sur sa relation avec Lena Dunham (ou rappellent volontiers qu'il est sorti avec Scarlett Johansson), mais l'Américain a surtout réussi à imposer son nom. On sait qu'il a désormais son propre festival (Shadow Of The City) dans le New Jersey, d’où il est originaire, on apprend qu'on lui doit la production du deuxième album des Bleachers (« Gone Now ») et on le voit dans de prestigieux médias, du type le New York Times, donnant des interviews au sein desquelles il explique qu'il refuse de simplement produire de vulgaires singles. « Ces dernières années, j'ai mis toute mon énergie à faire des albums. Les tubes vont et viennent. Les grandes chansons et les grands albums, eux, durent toujours. »

Vrai : « Norman Fucking Rockwell! » de Lana Del Rey prouve à lui seul que Jack Antonoff ne se contente pas de produire des pop-songs pour les cadors de l'entertainment américain. Ce qu'il recherche est d'imposer sa vision artistique (à situer entre des refrains grandioses et des mélodies économes) et à développer une véritable narration, censée raconter les coulisses de ses collaborations en même temps qu'une certaine histoire des États-Unis. Logique, finalement, de la part de ce fan de Bruce Springsteen qui a trouvé chez Lorde, Taylor Swift, FKA Twigs ou encore Lana Del Rey des artistes capables de détourner le rêve américain via des imaginaires singuliers, mais toujours populaires.

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