Il y a 25 ans, Radiohead secouait le rock avec "The Bends"

Sorti le 13 mars 1995, le deuxième album des Anglais est considéré par beaucoup comme le meilleur, tout simplement parce qu’il est le plus direct, simple et honnête.

À la surprise générale, en 1993, Radiohead cartonne avec « Pablo Honey ». Le succès est instantané, exacerbé comme vous le savez par le morceau Creep. Les Anglais débutent alors le cirque du rock and roll avec des tournées marathon qui épuisent et des couvertures de magazines où on les érige en nouveau phénomène. Fatalement, au moment d’enregistrer le deuxième album (celui qui va soit confirmer soit décevoir), Thom Yorke n’est pas serein.

En pleine vague Britpop, les Anglais sont trop « angoissants » pour être affiliés à ce « mouvement musical ». Ils penchent plutôt vers le grunge (en plus, des mecs avec des guitares et un chanteur tourmenté qui parle de dépression permet de s’acoquiner avec les fans de Nirvana), même si des étudiants d’art bien éduqués ne riment pas avec ce style musical. 

Bref, en studio, Radiohead galère, réécrit, réarrange et remanie ses chansons au point de devenir dingue. « Tout le monde s'arrachait les cheveux en gémissant : “C'est toujours pas ça !” [...] On se tuait à la tâche », raconte le producteur John Leckie dans le livre Exit Music: The Radiohead Story. Finalement, Thom part enregistrer des chansons seul avec John, qui lui fait écouter pour la première fois Tom Waits (le disque « Asylum Years »). 

Parmi elles, il y a par exemple My Iron Lungs, écrit à la fin de l’année 1993 après une tournée compliquée en première partie de Belly puis James. Le groupe finit même par annuler sa venue au festival Reading à cause des problèmes de santé de Thom. Ce morceau est une réponse à Creep (un titre dans lequel le groupe est coincé mais qui leur a permis d’être célébre). On retrouve aussi tout ce que Coldplay copiera quelques années plus tard sur High and Dry, des guitares qui rugissent sur Bones, la beauté de Fake Plastic Trees. « The Bends » marque surtout les débuts d’un Thom Yorke à la Bono, qui utilise sa voix comme un instrument pour apporter une autre envergure aux chansons, comme sur Bullet Proof… I Wish I Was ou encore Sulk

« The Bends » est aussi associé à un nom : Nigel Godrich, depuis considéré comme le sixième membre de Radiohead pour son travail sur tous les autres disques des Anglais. Alors que le jeune homme n’avait pas de responsabilité sur la direction artistique de « The Bends », il remplace un jour John Leckie parti à un mariage, comme l’explique le livre Exit Music: The Radiohead Story: The Radiohead Story. Ensemble, ils s’attellent au morceau Black Star et se disent : « Finissons avant que John ne revienne. » Le résultat plaît beaucoup au groupe et la chanson, qui devait être une face B, finira sur le disque. 

C’est donc dans la douleur que cet album s’est fait. On le ressent aussi bien dans l’écriture (pas toujours drôle, souvent déprimante, anti-capitaliste, angoissante et acerbe) que dans certains morceaux, dans l’utilisation de la guitare et des effets. Mais « The Bends », qui offre aussi des chansons sublimes, ouvre la voie à « OK Computer » et au succès inévitable qu’attend le groupe. Ils ont réussi un grand coup et ce, sans grand single comme Creep (au grand dam de la maison de disque). Exactement ce qu’ils avaient en tête. 

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