Dans une lettre ouverte, le Hellfest s'en prend à l'inaction de Roselyne Bachelot

Prévu du 18 au 20 juin 2021, le Hellfest aura-t-il lieu ? Personne ne le sait encore, et ça commence à sérieusement agacer l'équipe du festival qui, dans une lettre adressée à la ministre de la Culture, réclame des directives claires.

L'année dernière, à l'instar des autres festivals, le Hellfest n'avait pas eu le choix : il lui fallait annuler son édition 2020. Dans la foulée, les organisateurs promettaient un report en juin 2021. Sauf que la date de l'évènement approche, que le flou persiste et que l'équipe du festival n'a clairement plus envie de continuer à avancer à l'aveugle. « Nous voulons savoir si 60 000 personnes par jour pourront venir headbanger debout, en plein air et sans distanciation sociale, en écoutant du bon vieux rock’n’roll ! », demande-t-elle dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot.

Avant d'ajouter, soucieuse du bon déroulement de l'évènement : « Vous conviendrez aisément qu’il n’est pas possible d’accueillir plus de 60 000 personnes par jour pendant 3 jours, dans une petite ville de 7000 habitants en ne commençant les préparatifs qu’un ou deux mois avant la date de celui-ci. Il ne s'agit pas d'amateurisme. »

Sur le papier, le Hellfest, ce n'est pas rien : ce sont 180 000 festivaliers qui se réunissent le temps d'un week-end près de Nantes, dont 99,75% d'entre eux ont décidé de conserver par solidarité leur ticket de l'édition 2020 ; ce sont plus de 150 groupes programmés chaque année ; ce sont de nombreux salariés qui « vivotent sous perfusion depuis 10 mois grâce aux mesures de chômage partiel » ; c'est un festival qui a su trouver son indépendance financière, les subventions du gouvernement ne représentant que 0,1% de son budget.

C'est aussi un festival qui, « grâce à la générosité et à la solidarité de son public, est le seul événement à avoir réussi à collecter 200 000 euros de dons à destination du CHU de Nantes lors du premier confinement ».

Alors que Roselyne Bachelot, début janvier, disait « croiser les doigts » pour que la saison des festivals puisse se dérouler sans accroc, les organisateurs du Hellfest confessent ne plus avoir le temps d'espérer. « Madame la ministre, excusez notre ton quelque peu familier mais de notre côté on ne croise pas les doigts, on serre les fesses ! […] Nous n’avons pas le temps et il est urgent que vous en preniez conscience. »

Urgent, car un festival d'une telle ampleur se prépare traditionnellement un an à l'avance. Urgent, car « chaque mois qui passe à partir de maintenant nous coûte plus de 250 000 euros ». Urgent, car « nos festivals sont d’inestimables moteurs d’activités pour les territoires qui les accueillent. L’hôtellerie, la restauration, les bars et autres commerces qui rayonnent autour de nous sont autant de secteurs qui souffrent énormément de cette crise et qui attendent beaucoup de la tenue de nos événements ». Le message est passé. Reste maintenant à savoir s'il sera entendu.

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