Comment la série sur Michael Jordan a remis le rap old school sur la carte

Diffusée sur Netflix, « The Last Dance » est une franche réussite. Parce que Jordan, parce que les Chicago Bulls et parce que la NBA. Mais la série-documentaire fonctionne aussi grâce à sa B.O., presque essentiellement dédiée au rap des années 1980 et 1990, deux décennies ô combien mythifiées.

Regarder The Last Dance, la série-documentaire de Netlfix consacrée à Michael Jordan, ce n'est pas seulement voir l’ex-star de la NBA, les yeux globuleux, nous raconter sa carrière, Dennis Rodman faire le show en dehors des terrains de basket ou Scottie Pippen se faire maltraiter par ses dirigeants. C’est aussi (re)plonger dans les années 1980 et 1990, deux décennies dont le monde de la pop culture semble actuellement nostalgique - pensons aux Air Jordan, justement, à tous ces artefacts musicaux aujourd’hui dépoussiérés et remis au goût du jour, ou tout simplement à des artistes telles que TLC ou Aaliyah, peut-être plus hype que jamais grâce à l’influence évidente qu’elles exercent sur la musique de Frank Ocean, Solange ou même The xx.

Au fil des épisodes, The Last Dance ne masque pas non plus ses élans nostalgiques, notamment à travers sa B.O., très connectée au hip-hop d'alors. C'est If I Rule The World de Nas et Lauryn Hill qui ouvre le cinquième épisode, I Ain't No Joke d'Eric B. & Rakim qui résonne quand Jordan réussit un dunk dans le premier épisode, The Maestro des Beastie Boys qui accompagne une séquence consacrée à Dennis Rodman.

« Cette chanson est non seulement emblématique de l'époque, mais elle représente parfaitement Rodman. Ce n'est pas un morceau hip-hop, ce n'est pas un morceau rock. C'est un peu de tout, un peu de punk-rock. Ça marche tellement bien pour Rodman », raconte Rudy Chung dans une interview à Vice. Sur sa lancée, le superviseur musical de la série précise son intention : « Associer la bonne chanson à la représentation d'un de nos personnages à l'écran. »

Le choix de dédier la B.O. presque essentiellement au hip-hop pourrait paraître étonnant, Michael Jordan n'ayant jamais été un grand fan du genre. Il a même refusé d'apparaître dans le clip de N.O.R.E., et une légende tenace maintient qu'il aurait recalé différents rappeurs, y compris Method Man et Redman, lors d'une soirée organisée par le label Def Jam. On se souvient aussi qu'un documentaire de 1989 (Come Fly With Me), lui aussi centré sur Jordan, utilisait les mêmes archives que The Last Dance, mais illustrées cette fois par des morceaux de jazz.

Quoi qu'il en soit, l'alchimie fonctionne. Quand Been Around The World de l'écurie Bad Boys Records (Puff Daddy, Mase et Notorious B.I.G.) résonne dans le premier épisode, c'est toute la puissance des Chicago Bulls qui est capturée ; quand Jordan enchaine les points dans un match contre les Celtics, pouvait-on entendre meilleure illustration sonore que les délires égotiques entonnés par LL Cool J sur I'm Bad ?

La réponse, vous l'avez forcément. Elle est même parfaitement sensée quand on sait qu'une génération de fans de basket a grandi en regardant des best-of des meilleurs moments de la NBA compilés dans des vidéos elles-mêmes illustrées par les plus grands tubes hip-hop du moment. Quant au mot de la fin, c’est le réalisateur de The Last Dance, Jason Hehir, qui le donne dans une interview au New York Times : « Pour quelqu'un comme moi, qui a 43 ans, toute l'histoire des Bulls est ancrée dans la nostalgie. Je voulais vraiment refléter la musique de l'époque en racontant les années 1980 et 1990 et le monde dans lequel vivaient les Bulls. »

Pour rappel, Netflix fait désormais partie du pack CINÉ SÉRIES et de l’offre INTÉGRALE+ de CANAL+. Pour s’abonner, ça se passe ici.

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