Aux USA, 90% des salles indépendantes pourraient fermer à cause du COVID-19

Selon un sondage mené par la National Independent Venue Association auprès de ses 2000 membres, presque la totalité ont déclaré qu’ils devront très probablement mettre la clef sous la porte si la fermeture des salles dure plus de six mois.

L’info est tombée dans la nuit : le festival Coachella ne fera rien cette année, et pourrait ne revenir qu’en octobre 2021. Plus globalement aux États-Unis, le monde de la musique fait grise mine. Le virus, qui a déjà fait plus de 114 000 morts, circule toujours. Les récentes manifestations contre les violences policières envers les noirs rythment le pays. Et la situation, critique, n’est pas favorable à la reprise économique. Ni au retour des événements en public, comme le sport, mais aussi les concerts et les festivals. 

Inquiète, la National Independent Venue Association a interrogé ses membres, près de 2000 salles et tourneurs indépendants basés aux USA. Le chiffre fait froid dans le dos : 1800 pourraient définitivement arrêter leur activité. Le communiqué, disponible en ligne, débute par un constat simple : les salles de concerts ont été les premières à fermer, et seront parmi les dernières à rouvrir. Ensuite, durant la pandémie, les charges (loyers, assurances, frais) ont continué, sans qu’il n’y ait de rentrée d’argent. Fatalement, sans aide, nombreux ne pourront pas envisager de poursuivre leur activité, et de faire vivre la musique. Sachant que l’industrie musicale est un secteur où ses acteurs sont très dépendants les uns des autres, l’impact est global, aussi bien sur les salles que sur les tourneurs, les labels, les managers, les magasins de disques et le staff. Et quid des artistes, qui tirent la grande majorité de leurs revenus via les concerts ?

Si les grandes salles ou les grandes boîtes auront les reins assez solides pour continuer, les indépendants, plus précaires, sont les plus touchés par la crise. Aux USA, ce sont donc 90% qui sont dans une situation plus que critique, avec la peur de devoir tout simplement tirer le rideau pour de bon. Selon le sondage, sans une aide fédéral conséquente et une reprise rapide, le monde d’après se fera sans musique. C’est pourquoi l’association demande aux Congrès d’absorber les charges (taxes, loyers, crédits, assurances, salaires) des salles et promoteurs indépendants sur six mois. Une pétition est également en ligne sur ce site ici

En France, même si un premier concert s’est tenu à Strasbourg le 2 juin avec des règles de distanciation sociale très strictes et 50 personnes dans la salle au lieu de 900, la situation n’est guère plus réjouissante. Les acteurs indépendants ont tous le nez dans la paperasse pour tenter de sauver les meubles et de percevoir les aides de l’État. Mais surtout, reprendre avec une poignée de fans éparpillés dans une salle n’est pas viable économiquement. Un sentiment partagé par Thierry Langlois, gérant de la société de production de spectacles Uni-T, dans une interview pour Jack

Toujours en France, si les intermittents ont vu leurs droits prolonger jusqu’à août 2021, d’autres comme les attachés de presse et certains travailleurs indépendants ont écrit des tribunes pour alerter de leurs situations. Les festivals doivent batailler avec les assureurs pour obtenir des remboursements. Bref, la musique a laissé place au silence. Et il est temps de recommencer à faire du bruit. 

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