Il y a 25 ans, The Fugees mettait tout le monde d’accord avec "The Score"

Le deuxième et dernier disque du trio, composé de Lauryn Hill, Wyclef Jean et Pras Michael, est un album concept : la B.O. d’un film qui n’existe pas.

Quand on regarde la liste des albums rap sortis en 1996, « The Score » des Fugees n’est pas dans la tendance. Nas, Dr. Dre ou encore Redman trustent les charts et le gangsta rap domine avec le duel à distance entre 2Pac et Notorious B.I.G. Vu le succès très mitigé de son premier album, « Blunted on Reality », The Fugees n’est pas attendu. Lauryn Hill, Wyclef Jean et Pras Michael, qui ont formé un groupe à l’arrache en 1989 sans vraiment savoir comment ni quoi faire (ils s’appelaient Rap Translators avant), s’apprêtent à lâcher un concept album aux antipodes de ce qui marche à l’époque. Il faut dire qu’un groupe de rap avec une fille MC et un Haïtien passionné de guitare acoustique, ça ne court pas les rues à la fin des années 90. « The Score », qui sort en février 96, c’est un peu le « The Wall » du rap : un disque concept de haut vol qui casse les codes et révolutionne son temps pour l’amener dans une nouvelle dimension. 

Même si le premier album n’a pas marché, le groupe réussit à gratter une avance de 135 000 dollars et investit cet argent pour acheter des équipements de studio. Le trio se retrouve au Booga Basement, le studio de l’oncle de Wyclef, et passe cinq mois à composer « The Score » dans une ambiance à la cool. Si l’atmosphère n’est pas pesante, les thèmes abordés sur le disque sont loin d’être anecdotiques : prison, quotidien des immigrés, combat pour les droits civiques… les membres de The Fugees piochent dans leurs vies, leurs émotions et leurs états d’esprit pour dépeindre une Amérique multiples où le fait d’être un réfugié n’est pas une faiblesse, mais une force.

Chacun apporte ce qu’il fait de mieux : la soul et le R’n’B de Lauryn (en plus de TOUT le reste), le talent musical de Wyclef et l’efficacité de Pras, clairement le moins doué musicalement de la bande (pour info, c’est quand même lui qui a eu l’idée d’une reprise de Killing Me Softly). Le résultat est un équilibre parfait, entre rap technique et tubes « pop ». Un album qui créé des ponts, et met tout le monde d’accord sur un point : The Fugees est le groupe le plus cool du monde. 

Sur « The Score », il est difficile de mettre une, deux voire trois morceaux en avant, tant le disque est à considérer comme un ensemble et un enchaînement. Il y a bien sûr la reprise de  Killing me Softly de Roberta Flack, Fu-Gee-La, Ready or Not, trois énormes succès. La reprise de No Woman, No Cry, bien sûr. Mais des titres comme Zealots (un titre où se mêlent Eurythmics, Carlos Santana et Mussolini), Cowboys ou encore The Mask apportent aussi au disque la diversité qui fait sa force, et un aspect plus brut à « The Score ». 

Le succès mondial, porté par Killing me Softly, arrive progressivement entre 1996 et 1998. Mais la gloire n’est pas faite pour tout le monde. Lauryn, qui en marre d’être considérée comme « la meuf de Wyclef » (ils ont une histoire mais Lauryn est en couple avec l’un des fils de Bob Marley, Rohan), se met à écrire des chansons pour un album solo qui deviendra l’incroyable « The Miseducation of Lauryn Hill » et petit à petit, le groupe décide de mettre fin à l’aventure. Ils laissent deux albums, dont un qui devrait encore tourner longtemps sur les platines du monde entier. 

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