Gros coup de vieux : le 1er album des Arctic Monkeys a 15 ans

Le 23 janvier 2006, quatre garçons de Sheffield sortent un premier album, « Whatever People Say I Am, That's What I'm Not ». Il fera l’effet d’un raz-de-marée.

2006. En l’espace de six mois, les Arctic Monkeys sont passés de sensation indie dans le Yorkshire à l’étiquette du « plus grand groupe de rock anglais depuis Oasis ». Une ascension fulgurante grâce à une capacité à fédérer autour de tubes sur les sorties en boite, les videurs casse-bonbons et les aventures alcoolisées dans une ville industrielle.

On rembobine un peu. Trois ans plus tôt, le groupe a donné son premier concert au Grapes, un pub de Sheffield. Sur scène, ils reprennent les Strokes et les White Stripes. Ils en profitent pour filer au public des CD (« Beneath the Boardwalk ») compilant leurs premières compositions comme A Certain Romance, I Bet You Look Good On The Dancefloor ou encore Fake Tales Of San Francisco. Les fans de la première heure kiffent, et commencent à exploiter le potentiel d’Internet, notamment MySpace, pour partager leur musique sur le world wide web. Et ça fonctionne : dans une interview donnée en 2005 au Prefix Magazine, le batteur Matt Helders confie :

« Les fans partageaient nos chansons et ça nous embêtait pas du tout puisqu’on les donnait gratuitement. Ça nous a permis de nous faire connaître et nos concerts étaient mieux puisque les gens chantaient les paroles. On ne peut pas se plaindre. »

Alex Turner, Matt Helders, Jamie Cook et Andy Nicholson se donnent alors un an pour « percer ». Si ça ne marche pas, ils iront à la fac. Les lads sortent en 2005 un premier 45 tours (« Five Minutes with Arctic Monkeys ») avant de sortir la grosse artillerie dès janvier 2006 sur le label Domino : « Whatever People Say I Am, That's What I'm Not ». Spoiler : ils n’iront pas poser la moindre fesse sur le banc d’une université. 

363 735 exemplaires vendus en moins d’une semaine. Les médias s’affolent. Le public en redemande. Pourtant, face à eux, ils ont quatre jeunes hommes du quartier de High Green à Sheffield, pas encore matures, habillés en jogging, qui parlent de choper des meufs en boite et de s’enquiller des canettes dans un parc. Au début de leur carrière, les garçons ne cherchent pas à s’inventer une vie : Alex, pas encore 20 printemps, écrit avec ses mots, son argot du nord (l’utilisation de mots comme « owt », « summat’ » ou « mardy » en témoigne), et s’amuse à décrire les histoires du quotidien. Une manière d’écrire inspirée, entre autres, de John Cooper Clarke, poète punk du nord de l’Angleterre qui manie les mots comme Maradona un ballon. 

Mais la formation a deux pouvoirs : celui de fédérer une jeunesse anglaise d’abord. Puis de savoir écrire des tubes qui résonneront bien plus loin que le pub local, et qui deviendront la B.O. d’une génération et de ses samedis soirs aux souvenirs brumeux (The View From The Afternoon, Dancing Shoes ou encore l’incroyable From The Ritz To The Rubble où le personnage tente de berner deux videurs pour entrer en boite). Un Mercury Prize plus tard, les Arctic Monkeys sont bien identifiés. En 2007, ils font partie des têtes d’affiche de Glastonbury. 

Sur « Whatever People Say I Am, That's What I'm Not », il n’y a pas que des histoires de binge drinking. When The Sun Goes Down aborde le sujet de la prostitution, dans le quartier de Neepsend à Sheffield, avec une référence claire au titre Roxanne de The Police (« and he told Roxanne to put on her red light »), Mardy Bum évoque une relation amoureuse qui prend l’eau et A Certain Romance chante la désillusion d’une jeunesse anglaise délaissée. Ce mélange, entre les ivresses du samedi soir et la dépression du dimanche, est la force du disque. La naïveté et spontanéité des musiques font le reste, et offrent au groupe un décollage réussi pour survoler la scène musicale. Ce qu’ils feront, avec certes quelques turbulences (« Humbug » et « Suck It And See »), mais en gardant le contrôle de l’appareil à tout moment. 

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