Pendant 30 ans, il a chassé les extraterrestres en leur faisant écouter Kraftwerk

Certains aiment écouter des disques pour eux-mêmes, d'autres le font avec une antenne pointée sur le cosmos. C'est le cas de John Shepherd, sujet d'un incroyable mini-documentaire Netflix intitulé "John Was Trying to Contact Aliens".

À l'épineuse question de savoir quoi mettre en descriptif sur sa page LinkedIn, John Shepherd semble avoir tranché depuis longtemps : Disc-Jockey de l'espace. Abandonné par son père à la naissance, avec une mère quasi-absente, l'Américain développe rapidement deux passions au début des seventies : les OVNI et la musique. Qu'à cela ne tienne : dans une décennie où tout semble possible, John débute un projet pharaonique nommé STRAT (Special Telemetry Research and Tracking), soit une installation de 60 000 volts destinée à batir un émetteur spatial dans une cabane installée juste à côté de la maison de ses grands-parents. 

"Je me suis dit que le meilleur moyen d'entrer en contact était de diffuser un signal dans l'espace, et que le meilleur signal était la musique, explique-t-il. C'est une sorte de langage universel. Je parle bien sûr de musique non commerciale." Et c'est peu dire : persuadé que les ondes mélodiques parviendront tôt ou tard aux oreilles d'aliens, il passe Sun Ra, John Coltrane, des groupes allemands (CAN, Harmonia, Krafwerk), mais aussi de la musique africaine, orientale et même du reggae. On se croirait presque dans un épisode inédit de Strip-tease, mais tout ce qui suit à l'image est d'une sincérité désarmante.

Pendant ces 25 à 30 ans passés à sonoriser l'espace, John n'a pas trouvé grand-chose. Pas de contact extraterrestre, mais au bout du chemin, une rencontre : celle de son premier petit-ami qui va lentement lui permettre d'en finir avec son obsession. En 1998, presque ruiné par ses expériences martiennes, l'ufologue amateur range tout son matos au placard, sans rien oublier. Un peu plus de 20 ans plus tard, le docu Netflix vient un peu remettre les pendules à l'heure ; il a notamment obtenu le prix du jury catégorie court métrage non-fiction au festival Sundance en 2020. 

La blague dit que les internés en hôpital psychiatrique pensent que les vrais fous sont enfermés à l'extérieur ; on aurait tendance à décliner cela avec John. Les vrais extraterrestres ne sont pas forcément dans l'espace. Voir l'autre extrait de 1989 ci-dessous pour s'en convaincre : cet homme vient décidément d'une autre planète, une planète où les habitants ont de meilleurs goûts musicaux que sur Terre. 

John Was Trying to Contact Aliens, documentaire sur Netflix (disponible dans le bouquet CANAL+).

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