Sarah Records en cinq disques

Actif de 1987 à 1995, Sarah Records a largement marqué l'histoire de l'indie-pop avec une esthétique aussi torturée que raffinée, et un bilan comptable honorable : 100 EP et 30 albums. Jack en a retenu cinq.

Heavenly – « Heavenly Vs. Satan ». Né sur les cendres de Talulah Gosh, un des groupes qui donna envie à Clare Wadd et Matt Haynes de monter Sarah Records, Heavenly colle parfaitement à l’esthétique du label : les voix sont guillerettes, les mélodies sont tristounettes et les textes ne parlent que de petites amourettes déchues. Ce qui n’empêche pas ce premier album, publié en 1991, de transpercer les cœurs, de traverser les époques et de s’imposer comme un manifeste du courant twee-pop.

The Orchids – « Unholy Soul ». Également publié en 1991, « Unholy Soul » est rapidement considéré comme « un bel album » avec « des mélodies intemporelles » par le prestigieux Melody Maker. Malheureusement, comme ce sera souvent le cas chez Sarah Records, aucun single ne sera mis en avant et le disque restera confiné à un certain underground. On peut bien entendu saluer la démarche jusqu’au-boutiste, mais on peut aussi la regretter quand on sait à quel point The Orchids avaient cette faculté à émouvoir avec des titres d’une belle et douce mélancolie qui auraient dû, au minimum, truster le sommet des charts.

The Field Mice – « Coastal ». « Si un coucher de soleil / Peut me faire pleurer / Pourquoi devrais-je mépriser ce que je suis ? » En une phrase, The Field Mice vient de définir ce qui court au sein de l’ensemble de leur discographie : une fragilité poussée à l’extrême. Sur cette compilation, qui rassemble au total quatorze morceaux extraits des 45 tours du groupe et dont la pochette n’est rien d’autre qu’un hommage à celle du « Substance » de New Order, The Field Mice définit ce qui influencera quelques années plus tard l’ADN de Belle & Sebastian : quelques motifs de piano délicats, des mélodies cristallines et des textes à faire chialer les cœurs sensibles.

The Sea Urchins – « Stardust ». Première référence de Sarah Records avec l’EP « Pristine Christine » en 1987, The Sea Urchins avait tout pour incarner l’âme du label. Mais ces gars de Birmingham en avaient visiblement décidé autrement, et il faut ainsi attendre 1992, après plusieurs EP publiés via d’autres structures, pour qu’ils signent un vrai premier album estampillé Sarah Records. Bon, il s’agissait en réalité d’une compilation, mais l’esprit est là : les riffs sont monocordes, les refrains doux-amers, l’ambition quasi nulle et pourtant, écouter une fois « Stardust », c’est la certitude de le remettre illico sur la platine.

The Wake – « Tidal Wave Of Hype ». Après cinq années compliquées au sein de Factory Records, The Wake s’acoquine en 1990 avec les éternels adolescents de Sarah Records et trouve au sein de l’écurie de Bristol le parfait véhicule à ses mélodies épurées et son chant subtilement suave. Il y aura d’abord « Make It Loud » en 1991, mais c’est bien ce « Tidal Wave of Hype » qui permet aux Écossais de se hisser parmi les groupes iconiques de cette génération ayant fait de l’anorak noir un symbole de leur nostalgie, de leur mélancolie et de leur mode de vie. DIY, forcément.

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