Myspace : gloire et chute du premier réseau social musical

Des dizaines de millions de comptes ouverts, des groupes qui émergent par centaines (dont Lily Allen et Arctic Monkeys), puis des mauvais investissements et cette réputation de média has been qui colle à la peau. Cet article parle d'un effondrement : celui de Myspace, qui vient de perdre 50 millions des titres enregistrés sur sa plateforme entre 2003 et 2015.

A place for friends. Bien avant SoundCloud, Bandcamp et les albums de Drake bien trop longs pour satisfaire autre chose que son compte en banque et les statistiques de plateformes streaming, il y avait Myspace. De ce site, créé en 2003 par ce bon vieux Tom Anderson, sont nés des scènes (la nu-rave, le retour de l'indie-rock en Angleterre,...), des groupes (The Dø, Adele et Kate Nash, mais surtout Arctic Monkeys) et tout un tas de communautés portées sur l’échange, les croisements entre les groupes et la volonté de faire émerger les artistes – ce qui n’était pas tout à fait l’idée de départ.

Success story. Très vite, la réputation de Myspace grimpe. En 2005, par exemple, l'entreprise revendique 40 millions de membres inscrits, 160 000 nouveaux membres quotidiens et peut se targuer d'avoir été rachetée par le groupe News Corps de Rupert Murdoch pour 580 millions de dollars. Bref, au mitan des années 2000, la societé américaine pèse au sein de l’industrie musicale. Avec un mode de fonctionnement moderne puisque le contenu est directement généré par les utilisateurs, ce qui tend à prouver que faire entendre sa musique gratuitement sur le web n’est pas un suicide commercial, bien au contraire.

On en parle alors comme d'un véritable phénomène de société ou comme d'un moyen de communication imparable pour les artistes, débutants ou non, qui peuvent désormais diffuser leur musique eux-mêmes, communiquer avec leurs fans et balancer leurs dates de concerts. « Les musiciens malins en matière de marketing ont vite compris l'intérêt qu'ils pouvaient tirer du site », affirmait fièrement Tom Anderson à l’époque. À Libération, en 2005, un membre du groupe de rock nancéien Hymem allait dans le même sens : « En deux mois, 6000 personnes ont déjà écouté nos morceaux en téléchargement libre. C'est un moyen de communication hallucinant pour des groupes de province isolés. »

Où est passé Tom ? Dès lors, comment expliquer qu'un espace d'expression comme Myspace, quatrième site le plus consulté au monde en 2005 (derrière Yahoo!, AOL et MSN, une autre époque donc), ait pu péricliter à ce point ? Quelles raisons peuvent justifier qu'un site recensant plus de 230 millions de comptes en avril 2008 soit aujourd'hui responsable de la disparition des 50 millions de titres enregistrés sur la plateforme entre 2003 et 2015 ?

Les raisons, finalement, on les connait : une mauvaise gestion, une incapacité à se renouveler et à tenir la concurrence face à l'arrivée de Deezer et Spotify... Les plus mauvaises langues diront sans doute que cela était prévisible - comme la suite de la carrière des Klaxons et de The Kooks, finalement. N'empêche que c'est désormais avec nostalgie que l'on repense à cette époque.

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