#MusicToo : le label Because licencie son directeur général pour propos sexistes et homophobes

Quelques mois après la publication d'un article de StreetPress accusant de viols Retro X, un rappeur de la structure parisienne, Because Music fait le tri parmi ses salariés dits "toxiques". À commencer par Tahar Chender, son directeur général, licencié suite à une enquête interne.

Le communiqué a été publié le 6 janvier dernier, en réaction à un article StreetPress daté du 1er octobre 2020 relatant des accusations graves concernant Retro X, artiste signé en contrat de licence chez Because Music et coédité chez Because Éditions. Plusieurs salariées du label, une quarantaine tout de même, profitaient de cette lettre pour revenir sur les différentes accusations de viols et de violences sexuelles à l'encontre du rappeur parisien, mais aussi sur les dérives sexistes au sein de la structure.

À la lecture, on comprend qu'il règne « une ambiance sexualisée dans les sociétés Because Music et Because Éditions, marquée par des paroles inacceptables et relevant de l’humiliation et du sexisme jusqu’au racisme et à l'homophobie ». Surtout, on apprend que « le règlement intérieur de l’entreprise, ainsi que les nouveaux contrats d’artistes et/ou des producteurs de ces derniers, ont été modifiés incluant des clauses contre les violences sexistes et sexuelles ». Mais aussi que la direction a « appliqué des sanctions à l’encontre de deux personnes, selon la gravité des faits qui leur ont été reprochés : un licenciement pour fautes graves et un avertissement ».

Après une enquête interne, plusieurs révélations et témoignages ont mené au licenciement de Tahar Chender, directeur général de Because depuis 2018. Ce dernier a contribué, selon Mediapart, « à créer une ambiance ‘sexualisée’ au sein de l’entreprise par des paroles humiliantes, sexistes, voire racistes et homophobes ».

Des accusations fondées sur des « rumeurs », selon l'intéressé, qui profite de l'enquête menée par Mediapart pour se défendre : « Je ne veux pas être le dommage collatéral de rumeurs. Je me suis fait tout seul, je me suis battu contre tous les préjugés et je me retrouve à me défendre contre de faux témoignages de gens que j’ai portés, qui n’ont pas trouvé satisfaction professionnelle et qui se vengent. »

Difficile de croire à un tel propos après avoir lu les témoignages de huit salariées et ex-salariées de Because, qui accusent Tahar Chender d'avoir tenu des propos sexistes et homophobes à l'encontre de certains artistes du label (Chris, Moodoïd, Jorja Smith…) et de différents salariés, tandis que trois personnes rapportent avoir fait l'objet d’avances sexuelles de la part de ce dernier.

Après Benjamin Chulvanij, ex-grand manitou de Def Jam France, mais aussi Julien Hohl, patron de Deaf Rock accusé de violences sexuelles, il faut croire que l’industrie musicale française met fin à un silence embarrassant, et se débarrasse enfin de ses personnalités toxiques.

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