Mais au fait, à qui sont les fesses du “Is This It” des Strokes ?

En 2001, les Strokes sortent leur premier album et s’apprêtent à devenir des superstars. Pour illustrer ce disque, les New-Yorkais ont décidé de prendre une photo autant provocante qu’accidentelle qui a forcément contribué au succès monstre de “Is This It”.

Le cliché utilisé pour la pochette représente simplement une main gantée posée délicatement sur une fesse. C’est Colin Lane qui a réalisé cette cover, photographe new-yorkais, tout comme les Strokes. Ils se sont rencontrés à la fin de l’année 2000 au cours d’un shooting pour le magazine The Face. Six mois après leur première rencontre, Lane décroche un nouveau rendez-vous avec le groupe pour photographier la cover de leur premier album, comme il l’explique à GQ. Ce jour-là, Casablancas & Co. sont très détendus (comme à leur habitude), pendant que les directeurs artistiques chargés de “Is This It” flippent totalement. Surtout que le lendemain du shooting, le groupe s’envole pour une tournée en Australie. Bien sûr, personne n’a prévenu Colin Lane.

Après une matinée à prendre des photos des quatre comparses sous tous les angles possibles, la pause déjeuner arrive enfin. Lane propose à Casablancas de jeter un œil aux photos qu’il a l’habitude de faire, alors que les Strokes n’avaient jamais vraiment fait attention à son travail. “La photo de la fesse était dedans. Je l’avais shootée un an plus tôt. Dessus, c’est mon ex-petite amie. Quand Julian l'a vu, il m’a dit: ''Ce serait une bonne couverture, ça ne te dérange pas si on l’utilise pour la pochette du disque ?' Je suis resté sans voix pendant une seconde, mais bien sûr, j’ai dit oui.

Mais comment Colin Lane en est arrivé à prendre cette photo ? Après un shooting pour le magazine Observer en 2000, il s’est retrouvé avec des tas de fringues partout dans son appartement. Au moment où sa petite amie de l’époque sort de la douche, il voit le gant Chanel posé sur une pile d’habits et lui demande de faire des photos avec. Elle refuse. Mais après l’avoir suppliée, en insistant sur le fait qu’il fallait à tout prix qu’il fasse cette photo, elle finit par céder à la requête de son petit ami. Il prend alors dix photos en polaroïds parmi lesquelles se trouvent le fameux ass shot. Lane déclarera huit ans plus tard au NME : “je n’avais pas d’inspiration particulière, je voulais juste prendre une photo sexy.” D'ailleurs, Colin ne rélevera jamais l'identité de son ex-copine. 

L’histoire ne s’arrête pas là, puisque quelques mois plus tard, Julian Casablancas repère une autre photo et en tombe complètement amoureux. Il s'agit d'une image psychédélique (ci-dessous) de traces laissées par des particules subatomiques dans une chambre à bulles (pour info, les chambres à bulles sont une ancienne technologie utilisée pour étudier les particules subatomiques. Pour en avoir plus, cliquez ici).

Heureusement pour Colin Lane, les disques avec le ass’n’glove shot étaient déjà en train d’être imprimés. Finalement, le label indique au chanteur que sa nouvelle pochette pouvait être utilisée pour les albums distribués en Amérique du Nord (un pays puritain comme on le sait), mais pour le reste du monde, il était déjà trop tard. Le photographe affirme d’ailleurs que “si Julian avait trouvé cette image un jour plus tôt, je n'aurais certainement jamais eu la carrière que j'ai maintenant.” S'il s'agit de l'unique pochette réalisée par Colin, le photographe continuera de travailler avec les Strokes, en prenant des photos de presse pour eux (il était même là au mariage de Julian en 2006). Mais clairement, il a son rôle dans le revival rock du nouveau millénaire. Et il peut dire merci à Chanel. 

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